A Londres, arrestations à un rassemblement de l’organisation interdite Palestine Action
La police londonienne a confirmé avoir interpellé 325 personnes ; une autre manifestation a eu lieu à Édimbourg, en Écosse
325 personnes ont été arrêtées samedi à Londres pour avoir participé à un rassemblement de soutien à l’organisation classée terroriste Palestine Action, quelques jours avant une audience devant la Cour suprême qui va examiner l’interdiction de ce groupe.
« Au total, 325 personnes ont été arrêtées hier », a indiqué la police métropolitaine de Londres dans un communiqué. « La grande majorité de ces arrestations — 320 — concernaient des personnes ayant manifesté leur soutien à une organisation interdite en vertu de la loi sur le terrorisme ».
Cette organisation propalestinienne a été classée terroriste par le gouvernement travailliste en juillet 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l’entreprise d’armement israélienne Elbit Systems.
En juin, en appel, la justice a validé l’interdiction. Mais la cofondatrice de ce groupe proscrit par les autorités britanniques, Huda Ammori, va contester cette interdiction devant la Cour suprême. L’audience doit se dérouler mercredi et jeudi.
Toute expression de soutien à ce groupe proscrit est passible de poursuites.
La police a commencé à procéder à des interpellations peu après que quelques centaines de personnes se furent rassemblées à Londres samedi devant l’ambassade des États-Unis – qui ont désigné à leur tour en août Palestine Action comme « organisation terroriste étrangère », a constaté un journaliste de l’AFP.
La plupart des manifestants arboraient la pancarte « Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action ».
La police londonienne a confirmé avoir interpellé 139 personnes.
Un petit groupe de manifestants s’est également rassemblé devant le consulat américain à Édimbourg, la capitale écossaise, mais aucune arrestation n’a été effectuée.
« Une enquête est en cours pour identifier les personnes qui ont été vues portant des t-shirts et brandissant des banderoles exprimant leur soutien à une organisation interdite », a indiqué la police écossaise dans un communiqué. « Les éléments de preuve sont en cours d’examen et des mesures supplémentaires seront prises le cas échéant ».
Plus de 4000 arrestations
Selon un décompte de l’association Defend Our Juries, qui organise les manifestations de soutien, il y a eu plus de 4 000 arrestations – sans compter celles de samedi – depuis l’interdiction du groupe.
« C’est vraiment dystopique qu’il y ait eu plus de 4 000 arrestations en vertu des lois antiterroristes sous le soupçon d’avoir participé à des veillées pacifiques », ont déclaré les organisateurs de Defend Our Juries.
« Il n’y a aucun fondement juridique à cette interdiction. Le fait de les qualifier de terroristes relève purement d’un acte politique. Cela dévalorise la notion même de terrorisme », a dit à l’AFP Steve Masters, un ancien militaire de la Royal Air Force.
Pour cet homme de 56 ans, qui a déjà été arrêté quatre fois, « il est important de maintenir la pression sur le gouvernement et la justice » en manifestant.
Marji Mansfield, une ancienne conseillère financière de 70 ans, a elle été arrêtée une dizaine de fois. Pourtant, elle n’avait « jamais manifesté » avant octobre 2023 et la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël.
Elle a peu d’espoir concernant l’audience devant la Cour suprême. « Je perds confiance dans le système judiciaire », a-t-elle dit à l’AFP. « Et rien n’indique que le gouvernement soit sur le point de revenir sur sa position », a-t-elle souligné.