A Londres, interdiction d’une manifestation propalestinienne accusée de soutenir le régime iranien

C'est la première fois en 14 ans que la police a recours à une interdiction, justifiée par les 'tensions extrêmes' et les risques très importants de troubles à l'ordre public

Illustration : Des policiers métropolitains se tenant devant des manifestants lors d'un rassemblement anti-Israël en soutien au groupe Palestine Action, alors que le gouvernement britannique s'apprête à l'interdire, à Trafalgar Square, dans le centre-ville de Londres, le 23 juin 2025. (Crédit : Henry Nicholls/AFP)

Le gouvernement britannique a approuvé mardi soir l’interdiction d’une marche prévue dimanche à Londres présentée comme propalestinienne, mais dont les organisateurs sont décrits par la police comme des soutiens du régime iranien.

C’est la première fois depuis 2012 qu’un défilé est interdit à Londres, selon la police, qui avait réclamé cette mesure de crainte de violences liées au défilé et aux contre-manifestations attendues, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

Les organisateurs pourront néanmoins organiser un rassemblement « statique », mais sous « strictes conditions », a précisé la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood, citée dans un communiqué.

« Je suis convaincue » que cette interdiction est « nécessaire pour prévenir de graves troubles à l’ordre public, compte tenu de l’ampleur de la manifestation et des multiples contre-manifestations », a justifié la ministre.

Le défilé devait se dérouler dans le cadre de l' »Al Quds day », « Journée pour Jérusalem ».

Cette marche « est particulièrement controversée, car elle trouve son origine en Iran et est organisée à Londres par le groupe, la Commission islamique des droits de l’homme, une organisation qui soutient le régime iranien », a souligné la police de Londres dans un communiqué.

« Le seuil pour interdire une manifestation est élevé et nous ne prenons pas cette décision à la légère », a-t-elle assuré. Cette marche présente « des risques et des défis particuliers », a ajouté la police, qui anticipe des contre-manifestations et des « tensions extrêmes entre les différentes factions ».

Elle a aussi mis en avant « les menaces auxquelles nous sommes confrontés sur le sol britannique de la part du régime iranien ».

De précédentes marches organisées pour « Al Quds day » ont donné lieu à des arrestations pour soutien à des organisations terroristes et à des actes antisémites, a-t-elle ajouté.

Les organisateurs de la manifestation ont « fermement condamné » son interdiction sur leur site internet. Ils dénoncent « une décision politique » et accusent la police d’avoir « capitulé devant la pression du lobby sioniste ».

L’interdiction prend effet ce mercredi à 16H00 (locales et GMT) et restera valable un mois.

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