À l’ONU, des employés juifs dénoncent un parti-pris anti-israélien persistant et une lutte contre l’antisémitisme sans effet – médias

Interrogés par JNS sous couvert d’anonymat, des employés juifs des Nations unies décrivent un biais « désormais affiché »

Le symbole des Nations unies à l’extérieur du bâtiment du Secrétariat de l'ONU, au siège des Nations unies, le 28 février 2022. (Crédit : John Minchillo/AP)

Selon des propos recueillis par JNS auprès de plusieurs employés juifs des Nations unies, s’exprimant sous couvert d’anonymat, le biais anti-israélien persisterait au sein de l’organisation, et la lutte contre l’antisémitisme y resterait peu efficace.

Un biais anti-israélien qui « s’affiche ouvertement »

Le premier employé a déclaré à JNS, sous couvert d’anonymat : « Les choses continuent de se détériorer en ce qui concerne le biais anti-israélien. »

« Sauf que, désormais, il s’affiche ouvertement. »

Selon les propos recueillis par JNS, il évoque notamment la conférence de l’Organisation internationale du travail (OIT) tenue en juin à Genève : le diplomate israélien Waleed Gadban y aurait été contraint d’écourter son allocution, tandis que des ministres, dont des ministres turcs, des représentants syndicaux et d’autres délégués tapaient bruyamment sur leurs pupitres. Le président de la conférence n’est pas parvenu à rétablir l’ordre.

« Ce sont les Européens et les gauchistes, encouragés par les ONG les plus dangereux »

La seconde employée juive, qui travaille dans le secteur du développement et ne porte pas de nom à consonance juive, a indiqué à JNS que, de son point de vue, la situation des Juifs au sein de l’organisation ne s’était pas nécessairement aggravée.

Parlant de ce que pensent ses collègues d’Israël ou du conflit, elle a confié : « La moitié des gens avec qui je travaille viennent d’Amérique latine, d’Asie ou d’Afrique. Ces gens-là, sincèrement, ils s’en fichent complètement. » Elle estime qu’il en va de même pour « plus de 60 % de 70 % du personnel de l’ONU ».

Selon elle, le problème est ailleurs : « Ce ne sont même pas les Arabes le problème. Mis à part les Palestiniens, le problème, ce sont les Européens et les gauchistes, encouragés par les ONG. Ce sont eux les plus dangereux. »

La direction aurait mis un frein au militantisme partisan

Toujours selon la seconde employée, la direction a mis un frein au militantisme partisan sur le lieu de travail. Elle raconte que, lors d’une réunion générale de l’organisation pour laquelle elle travaille, une employée palestinienne s’est levée pour inviter l’assistance à ne pas oublier les victimes gazaouies.

« Quelqu’un a répondu que nous étions dans une réunion de l’agence, que ce n’était pas le lieu, mais que nous prenions note de son intervention », a-t-elle relaté. « Point final. C’est tout. »

Un plan d’action de l’ONU sans effet

Le Plan d’action des Nations unies pour renforcer le suivi de l’antisémitisme et la réponse à y apporter, initiative globale pilotée par l’Alliance des civilisations des Nations unies (UNAOC), n’a eu aucun effet, dans un sens comme dans l’autre, selon la seconde employée.

Ce plan, dirigé par Miguel Ángel Moratinos, secrétaire général adjoint de l’ONU et haut représentant de l’UNAOC, a été annoncé en janvier 2025 et lancé en mars 2025.

Marina Rosenberg, ancienne diplomate israélienne et aujourd’hui vice-présidente senior chargée des affaires internationales à l’Anti-Defamation League (ADL), a indiqué à JNS avoir travaillé avec Moratinos et son équipe sur ce plan. « Nous avons apporté notre contribution, comme d’autres communautés juives, mais, pour être honnête, je n’ai constaté aucun progrès réel sur le terrain, ni aucun impact », a-t-elle déploré.

« Commémorer la Shoah ne suffit pas »

David Michaels, directeur des affaires onusiennes et intercommunautaires à B’nai B’rith International, a déclaré à JNS : « Nous continuons de nous inquiéter de l’engagement concret de l’ONU dans la lutte contre l’antisémitisme : ressources et orientation limitées, coordination insuffisante avec la communauté juive et ses experts, et lourdes contraintes politiques internes. »

« Commémorer la Shoah ne suffit pas », a-t-il affirmé.

Selon lui, il est difficile de combattre l’antisémitisme au sein de l’organisation « sans une vision lucide de ses formes contemporaines dominantes, et sans une définition de base de l’antisémitisme qui en rende compte ».

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