À Marseille, un plan municipal en 4 volets pour lutter contre l’antisémitisme
'Il faut que la communauté juive retrouve sa place dans la deuxième ville de France,' a déclaré la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, Martine Vassal
le 17 décembre, Martine Vassal, présidente (DVD) de la Métropole et du Département et candidate à la mairie de Marseille, a présenté la mi-décembre un plan en quatre volets visant à faire de la lutte contre l’antisémitisme une priorité municipale.
Elle avait annoncé son intention lors du conseil métropolitain, à l’occasion de l’hommage aux victimes de la fusillade de Bondi à Sydney. « Au moment où la communauté juive subit des attaques aux quatre coins du monde », souligne-t-elle à La Provence, cette lutte doit devenir « une cause majeure pour une municipalité ».
La cité phocéenne, relativement épargnée jusqu’ici, a été le théâtre le week-end dernier de quatre agressions antisémites, notamment à la sortie de synagogues. Une violence gratuite et incompréhensible pour Sharon, témoin d’une attaque dans un quartier pourtant sans histoire. « J’ai aperçu une dame qui était en train d’arracher les affiches en hommage à Ilan Halimi. Bien évidemment, impossible de communiquer avec elle, c’est vite parti en insultes : ‘les sionistes, les sionistes’. Elle m’a clairement frappée, rien ne pouvait l’en empêcher, elle avait la haine dans son regard et dans ses paroles », raconte-t-elle.
Un week-end de la haine à Marseille, résume Fabienne Bendayan, présidente du Crif, qui recense ces quatre actes antisémites en seulement deux jours. « Des insultes du type « sale juif » ou « f**k Israël » et un climat de banalisation de ces faits. Ça fait une succession d’événements en l’espace d’un week-end qui sont particulièrement alarmants. Effectivement, à Marseille, on avait le sentiment d’être quand même préservé. Malheureusement, on constate que progressivement, les actes antisémites se multiplient », dénonce-t-elle. Ces chiffres s’inscrivent dans une tendance nationale : 646 actes recensés durant le premier semestre 2025.
Le plan présenté par Martine Vassal se décline en quatre axes : éducatif, administratif, sécuritaire et culturel. Côté éducation, elle propose des partenariats avec des associations, des visites du Camp des Milles et la mise en place de « référents antisémitisme » pour les élèves du primaire. « Le référent laïcité n’a qu’à bien se tenir », ironise-t-elle, pointant la priorité accordée à la sensibilisation contre l’antisémitisme.
Sur le plan administratif, la candidate promet « une administration exemplaire » avec des sanctions immédiates pour tous propos ou soutiens à des actes terroristes, un contrôle strict des subventions, et la signature par chaque agent et élu municipal d’une charte contre l’antisémitisme. « Qu’importe si pour l’heure un tel document n’existe pas dans la collectivité départementale que je préside », précise-t-elle.
La sécurité figure également au cœur du plan avec « tolérance zéro » contre les tagueurs antisémites, assortie de travaux d’intérêt général pour les sensibiliser à l’histoire de la Shoah, ainsi qu’un renforcement de la surveillance policière autour des écoles.
En matière culturelle, Martine Vassal souhaite redonner un élan au Mémorial de la déportation, « délaissé par l’équipe municipale actuelle », afin d’en faire un lieu vivant et pédagogique, et lancer un cycle culturel festif israélite dans le cadre du jumelage avec Haïfa. « Il faut que la communauté juive retrouve sa place dans la 2e ville de France », martèle-t-elle à La Provence.
Si ce plan a évidemment une dimension politique, Romain Simmarano, macroniste local, souligne que son sens est renforcé par le contexte électoral : « Ce plan a un sens politique », glisse-t-il, rappelant que le Printemps marseillais n’a pas acté qu’il ne ferait pas alliance avec LFI au second tour des municipales. Pour la droite locale, la démarche prend encore plus de poids alors que le vote RN n’a jamais autant séduit la communauté juive.
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