A Paris, politiques et anonymes se succèdent à une exposition sur les victimes du 7-Octobre
'Je suis juive et je ne m'en remets pas', explique Claire, 54 ans, 'bouleversée' par ces photos qui 'réveillent tout ce qui a émergé depuis le 7-Octobre'
Politiques et visiteurs anonymes se sont succédé mercredi au « pavillon mémorial » installé à Paris par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) en hommage aux victimes du 7-Octobre, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Les anciens Premiers ministres Gabriel Attal puis Edouard Philippe ont été les premiers mercredi matin à se rendre sous le chapiteau installé depuis mardi place des Vosges, dans le centre de la capitale, en souvenir des attaques perpétrées par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023.
Ont suivi la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet et son homologue du Sénat Gérard Larcher, puis d’autres personnalités politiques, dont les anciens présidents de la République Nicolas Sarkozy et François Hollande ainsi que l’ex-Premier ministre Manuel Valls.
L’exposition « 7 Octobre, trois ans après », visible jusqu’à jeudi soir, revient sur ce que le président du Crif Yonathan Arfi a qualifié de « traumatisme pour tous les Français de confession juive », sur Franceinfo.
Une maison aux murs criblés de balles, des rescapés revenant au kibboutz de Nir Oz, des portraits de victimes : les photos se succèdent dans les premières séquences.
Deux sculptures de Gérard Garouste, des dessins ainsi que des films, dont l’un en 3D dans le kibboutz de Beeri, complètent cette exposition visitée dans la gravité par des dizaines de personnes, dont certaines signent un livre d’or ou allument une bougie à la sortie.
« Peur »
« Je suis juive et je ne m’en remets pas », explique à l’AFP Claire (les personnes interrogées ont préféré rester anonymes), 54 ans, « bouleversée » par ces photos qui « réveillent tout ce qui a émergé depuis le 7-Octobre ».
Elle déplore le climat qui règne depuis cette date : « On me tient comptable de ce qui se passe en Israël, ce qui n’est absolument pas normal. Je suis foncièrement française », ajoute-t-elle, en regrettant aussi que « la publicité ait été très discrète » autour de cette exposition.
« En fait, c’est la communauté juive qui se mobilise », estime Hubert, 64 ans, qui aurait lui aussi aimé une plus grande mobilisation.
« Dans la commémoration et la remémoration, il y a quelque chose qui en dit long sur la peur » de la communauté juive, ajoute ce visiteur qui a trouvé « très dur de se replonger dans ces images ».
Selon Yonathan Arfi, « on aurait pu imaginer qu’après le 7-Octobre, il y ait un élan de sympathie ou d’empathie vis-à-vis des Français juifs » or « c’est le contraire qui s’est produit ».
En 2025, le ministère de l’Intérieur avait recensé 1 320 actes antisémites en France, soit 53 % de l’ensemble des faits antireligieux, alors que la communauté juive représente environ 0,67 % de la population totale du pays.
« Je crois que trois ans après, le pire risque, c’est celui-ci : l’amnésie », a affirmé à l’Assemblée nationale la ministre Aurore Bergé, en assurant que « la France n’oubliera pas et continuera à mener un combat absolument déterminé » contre l’antisémitisme.
Son collègue, Jena-Noël Barrot, avait fait le déplacement en Israël.
C'est ici, il y a trois ans, que le Hamas a perpétré le pire massacre antisémite depuis la Shoah. pic.twitter.com/0h8ILr9MtM
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) October 7, 2026
L’attaque sans précédent du mouvement terroriste islamiste palestinien a causé la mort de 1.221 personnes, dont 51 Français, selon un décompte de l’AFP. L’offensive lancée en représailles par Israël à Gaza a fait plus de 74.200 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l’autorité du Hamas.