À Perpignan, le RN honore un ancien collabo

La municipalité, dirigée par Louis Aliot, a inauguré un parc au nom de Pierre Jonquères d’Oriola

Le Français Pierre Jonquères d'Oriola (au centre), vainqueur du Grand Prix individuel de saut d'obstacles lors des épreuves équestres des Jeux olympiques de Tokyo de 1964. (Photo AFP)

Médaillé d’or olympique à deux reprises en saut d’obstacles et militant du Front national depuis 1981, le choix de Louis Aliot, maire Rassemblement national de Perpignan (RN), d’honorer la mémoire de Pierre Jonquères d’Oriola (1920-2011) ravive pourtant une part d’ombre de l’histoire personnelle du cavalier.

Avant de s’engager au sein de l’extrême droite française dans les années 1970, Pierre avait cédé à la collaboration. En 1943, à l’âge de 23 ans, il s’engage dans l’organisation paramilitaire du Service d’ordre légionnaire (SOL), intégrée à la Milice du régime de Vichy. Il est alors enrôlé dans la Franc-Garde, la branche armée de la Milice, particulièrement active dans la répression contre la Résistance.

À la Libération, il est condamné à 15 ans de prison, alors que plusieurs cadres du SOL écopent, eux, de la peine capitale. Cette relative clémence s’explique par son rôle subalterne au sein de l’organisation et par l’absence de participation directe à des crimes de sang.

Il finit par être gracié au moment des grandes lois d’amnistie, voulues pour favoriser la réconciliation nationale.

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