À Ravensbrück, des survivants appellent à combattre le racisme et l’antisémitisme

Environ 130 000 personnes ont été envoyées de toute l'Europe à Ravensbrück, le plus grand camp nazi pour femmes et enfants

Une visiteuse passe devant l'installation « Statues Against Forgetting » de l'artiste britannique Stuart N. R. Wolfe dans un ancien atelier du camp de concentration de Ravensbrück, près de Fuerstenberg, au nord de Berlin, le 29 avril 2025. Ravensbrück, camp de concentration nazi réservé aux femmes de 1939 à 1945, a été libéré par les troupes soviétiques le 30 avril 2025. Le 80e anniversaire de la libération du camp sera célébré le 4 mai 2025. (Crédit : John MACDOUGALL / AFP)

Des survivants de la Shoah ont appelé dimanche le monde à ne pas oublier les atrocités nazies et exhorté les jeunes à « combattre le racisme et l’antisémitisme », lors d’une cérémonie pour les 80 ans de la libération du camp de concentration nazi de Ravensbrück.

Neuf hommes et femmes ayant survécu à l’enfer de ce camp situé au nord de Berlin et aujourd’hui âgés de 80 à  90 ans, des parents d’anciens prisonniers et des hauts fonctionnaires figuraient parmi les quelque 1 200 personnes présentes à l’événement.

Pour Lili Keller Rosenberg, une juive française déportée dans le camp à l’âge de 11 ans, sa survie est une « grande revanche sur les nazis ».

« On ne s’imaginait pas pouvoir durer aussi longtemps. Pour moi, c’est quelque chose d’exceptionnel », a déclaré à l’AFP cette femme de 93 ans, qui a passé plus d’un an à Ravensbrück avant d’être transférée au camp de concentration de Bergen-Belsen.

Lili Keller Rosenberg, rescapée de la Shoah, dans l’émission L’Invité sur TV5 Monde. (Capture d’écran/YouTube)

Elle s’est dite déterminée à continuer à raconter son expérience aux jeunes pour éviter que le passé ne se répète : « il faut [qu’ils] combattent le racisme, qui est un fléau, combattent aussi l’antisémitisme qui revient ».

Environ 130 000 personnes ont été envoyées de toute l’Europe à Ravensbrück, le plus grand camp nazi pour femmes et enfants. Un petit camp adjacent avait également été construit pour les détenus masculins.

Outre des Juifs, des opposants politiques, des Roms et des criminels condamnés y ont également été déportés. Entre 20 000 et 30 000 personnes y ont péri, nombre d’entre elles en raison du travail forcé mais aussi dans les chambres à gaz et lors d’une ultime marche de la mort.

Le camp, où il n’y avait plus qu’environ 3 000 prisonniers malades, a été libéré le 30 avril 1945 par l’Armée rouge soviétique.

Une manifestation contre le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) et contre l’extrémisme de droite devant la porte de Brandeburg à Berlin, en Allemagne, le 25 janvier 2025. (Cré: AP Photo/Ebrahim Noroozi)

L’Allemagne, pays traumatisé par les crimes nazis, s’inquiète de plus en plus de l’avenir de la mémoire de la Shoah, dans un contexte de montée en puissance du parti d’extrême-droite AfD. Ce parti, arrivé deuxième aux législatives de février, a été classé cette semaine comme extrémiste par les renseignements intérieurs allemands.

Certains membres de l’AfD se sont opposés à la tradition de commémoration de la Shoah du pays, qui a organisé cette année plusieurs cérémonies pour marquer le 80e anniversaire de la libération des camps nazis.

« Les autocrates, les extrémistes et les populistes du monde entier, y compris dans nos propres pays, veulent attaquer et détruire cette Europe pacifique et unie », a prévenu lors d’une cérémonie samedi au camp de concentration de Neuengamme, à Hambourg (nord), le chancelier Olaf Scholz, qui va passer mardi les rênes du gouvernement au conservateur Friedrich Merz.

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