Abbas reporte les élections palestiniennes, fixant la date du scrutin présidentiel à septembre 2027

Le dirigeant palestinien, qui a à plusieurs reprises reporté et annulé des scrutins au fil des ans, impute à Israël la détérioration de la situation dans les territoires palestiniens

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas écoute le président russe Vladimir Poutine lors de leurs entretiens au Grand Palais du Kremlin à Moscou, en Russie, le jeudi 10 mai 2025. (Crédit: Sergei Bobylev/Agence photo RIA Novosti via AP)

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a annulé, dans la journée de samedi, les élections législatives qui étaient prévues au mois de novembre prochain. Il a invoqué pour justifier cette décision la détérioration de la situation dans les territoires palestiniens, et il a fixé au 11 septembre 2027 la date des élections présidentielles et législatives, a rapporté l’agence de presse officielle palestinienne WAFA.

Le décret d’Abbas évoque « les obstacles posés par les mesures israéliennes » à la tenue du scrutin du mois de novembre, ainsi que la nécessité de mettre en place des conditions politiques, sécuritaires et sur le terrain propices à des « élections libres, équitables et inclusives ». Il appelle les Palestiniens de Jérusalem, de Cisjordanie et de Gaza à participer au vote.

De sérieux doutes pesaient sur la tenue du scrutin de l’Autorité palestinienne, à la fin du mois de novembre. Les Palestiniens n’ont pas organisé d’élections législatives ou présidentielles depuis 2005-2006, date à laquelle les rivaux d’Abbas au sein du groupe terroriste du Hamas avaient pris le contrôle de Gaza, chassant ses fidèles.

Le décret émis par Abbas indique que les attaques militaires israéliennes, l’expansion des implantations, les violences commises par les extrémistes juifs et les restrictions de circulation en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ainsi que la rétention persistante par Israël des recettes fiscales palestiniennes, constituent autant d’obstacles à la préparation et à la tenue des élections à la date initialement prévue.

Concernant Gaza, le décret évoque « des conditions sécuritaires et humanitaires exceptionnelles », le retrait incomplet des forces israéliennes, l’absence de progrès dans la reconstruction de l’enclave et l’échec de la mise en œuvre des dispositions relatives au déploiement de forces internationales de stabilisation et de police.

Les restrictions imposées par Israël à l’accès du personnel de la commission électorale et des observateurs internationaux à Gaza et à Jérusalem-Est compliquent également les préparatifs, précise le décret.

La décision de reporter les élections a suivi une résolution du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine et des consultations avec les factions et les forces politiques palestiniennes. Elle vise également à laisser le temps nécessaire à l’organisation d’un dialogue national palestinien global, avec pour objectif de renforcer l’unité et de relever les défis auxquels est confronté le processus électoral.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’adresse à la huitième conférence du Fatah dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 14 mai 2026. (Crédit: Jaafar ASHTIYEH / AFP)

Au fil des ans, Mahmoud Abbas a annoncé à de nombreuses reprises son intention d’organiser des élections, pour ensuite les reporter ou les annuler, invoquant divers problèmes et imputant souvent la responsabilité aux restrictions israéliennes.

Son parti au pouvoir, le Fatah, qui est considéré comme corrompu et inefficace par la population palestinienne, devrait, selon toute vraisemblance, essuyer un revers cuisant lors de tout scrutin démocratique.

Toutefois, ses adversaires, le Hamas et le Jihad islamique palestinien, se sont montrés favorables à ce dernier report.

Un haut responsable du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, basé à Gaza, a fait savoir, dans la journée de jeudi, que les factions étaient parvenues à un accord concernant le report du scrutin.

Basem Naim, membre du bureau politique du Hamas, a déclaré que les élections prévues étaient prématurées.

Le vice-président de l’Autorité palestinienne, Hussein Al Sheikh, a récemment adressé une lettre informant la France de ce report prévu. Dans le cadre de sa décision de reconnaître un État palestinien au mois de septembre 2025, Paris avait insisté pour que les élections législatives et présidentielles prévues aient lieu, un engagement écrit qu’Abbas avait pris auprès du président Emmanuel Macron et du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

S’adressant aux journalistes jeudi, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a estimé qu’il était essentiel que les élections aient lieu et il a salué le lancement d’une mission d’observation électorale de l’Union européenne.

« Ces élections permettront aux dirigeants palestiniens de défendre les aspirations légitimes de leur peuple avec une légitimité renouvelée, tout en préservant la solution à deux États », a-t-il dit.

Au cours des plus de deux décennies qui se sont écoulées depuis l’élection d’Abbas au poste qui était occupé, jusque-là, par le fondateur du Fatah, Yasser Arafat, la popularité de l’Autorité palestinienne a chuté parmi les Palestiniens.

En 2007, l’Autorité palestinienne avait été chassée de la bande de Gaza par le Hamas, qui y avait remporté les élections sur un programme de lutte contre la corruption.

Abbas gouverne par décret depuis l’expiration de son mandat en 2009.

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