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Nécrologie

Abraham Zarem, l’un des derniers scientifiques du projet Manhattan, meurt à 106 ans

L'ingénieur juif a rejoint le programme historique de développement de la bombe atomique à l'âge de 20 ans et fréquentait la synagogue de Los Angeles jusqu'à un âge avancé

Un article sur Abraham Zarem dans le numéro de janvier 1949 de "Engineering and Science Monthly", un magazine destiné aux anciens élèves de l'Institut de technologie de Californie. (Crédit : JTA)
Un article sur Abraham Zarem dans le numéro de janvier 1949 de "Engineering and Science Monthly", un magazine destiné aux anciens élèves de l'Institut de technologie de Californie. (Crédit : JTA)

JTA – Abraham Zarem avait 28 ans lorsqu’il a rejoint le projet Manhattan, le vaste effort du gouvernement américain pour développer la bombe atomique pendant la Seconde Guerre mondiale.

Des ingénieurs comme lui se sont réunis dans des laboratoires secrets au Nouveau-Mexique, en Californie, à New York et ailleurs pour apporter le savoir-faire pratique qui manquait aux théoriciens.

« C’étaient des génies, mais ils ne savaient pas comment construire un putain de truc », a déclaré Zarem, selon David Wolpe, son rabbin de longue date à la synagogue Sinaï de Los Angeles.

Zarem, qui a poursuivi une brillante carrière dans les domaines de la technologie, du développement commercial et de la formation à la gestion des dirigeants, est décédé le 8 mars à Los Angeles. Âgé de 106 ans, il était l’un des derniers survivants de l’armée de scientifiques, de techniciens, de bureaucrates et d’employés de bureau qui ont contribué à la fabrication de l’arme qui allait forcer la capitulation du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale et inaugurer l’ère atomique.

Après la guerre, Zarem a rejoint le personnel de la station d’essai de la marine américaine à Pasadena, en Californie, où, en tant que chef de la section électrique de la division de recherche physique, il a mis au point une caméra à grande vitesse utilisée pour étudier les sources de lumière intense et d’autres phénomènes. Popular Mechanics a qualifié de « miracle » la caméra de Zarem, 25 000 fois plus rapide que n’importe quelle caméra vidéo disponible à l’époque.

En 1963, Zarem est nommé vice-président senior de Xerox, qu’il quitte en 1970 pour se lancer dans le conseil. Il est revenu chez Xerox en 1975 en tant que fondateur et PDG de la Xerox Development Corporation. Il a ensuite été fondateur et directeur-général de Frontier Associates, une société de conseil en technologie.

Né à Chicago le 7 mars 1917, Zarem a été major de sa promotion à l’Armour Institute of Technology (aujourd’hui Illinois Institute of Technology) et a obtenu son doctorat sur les propriétés physiques de l’étincelle électrique à l’Institut de technologie de Californie. Il a dirigé l’institut de recherche de l’université Stanford à Los Angeles alors qu’il n’avait pas encore 30 ans.

Plus tard, il a été conseiller principal pour le transfert de technologies en neurosciences à l’Institut de recherche sur le cerveau de l’UCLA et membre du conseil consultatif en urologie de l’École de médecine Geffen de l’UCLA. Il a également occupé le poste de cadre invité en sciences et technologies au Jet Propulsion Laboratory de Caltech.

Des scientifiques et des ouvriers construisant la première bombe atomique au monde qui est montée dans une tour de 30 mètres de haut à Trinity, le site d’essai de la bombe, dans le désert près d’Alamagordo, au Nouveau-Mexique, en juillet 1945. (Crédit : AP Photo)

L’une des entreprises de Zarem, Electro-Optical Systems, a mis au point le « premier moteur ionique pratique au monde », un propulseur expérimental à haute énergie pour les engins spatiaux. Il se trouve aujourd’hui à l’Institut Smithsonian de Washington.

Zarem était également un habitué de la synagogue Sinaï, où Wolpe a confié que Zarem l’avait encadré en tant que jeune rabbin. Abe Zarem et son épouse Esther étaient de généreux donateurs pour la congrégation ; Wolpe se souvient de Zarem chantant le livre de Jonas le jour de Yom Kippour, alors qu’il avait 99 ans.

« Abe Zarem était une personne brillante, dynamique, passionnée, pieuse et philanthropique », a déclaré Wolpe à la Jewish Telegraphic Agency cette semaine. « Il a joué un rôle central dans certains des événements scientifiques clés de l’histoire de l’humanité – la bombe atomique, l’alunissage – et s’est intéressé à tous ceux qui ont eu la chance de le rencontrer.

Contrairement à certains de ses collaborateurs du projet Manhattan, Zarem n’a jamais été confronté publiquement aux implications morales de l’arme qu’il a contribué à mettre au point. Des années après leur travail de guerre à Caltech, un homme qui a travaillé sous la direction de Zarem en tant qu’assistant de laboratoire a déclaré qu’il ne ressentait aucune culpabilité, car sans les détonations d’Hiroshima et de Nagasaki, a-t-il dit à un journal local, « nous aurions perdu 500 000 Américains lors de l’invasion du Japon ».

A LIRE : Le scientifique juif du Projet Manhattan qui a espionné au profit des Russes

En 1952, Zarem s’est toutefois exprimé sur un autre sujet, dans les conseils qu’il a donnés à un magazine syndical et patronal. « Gardez vos pieds au chaud et votre tête au frais. Et méfiez-vous des têtes brûlées qui ont les pieds froids. »

Il laisse derrière lui ses enfants Janet, David et Mark.

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