Accord sur la direction de l’Organisation Sioniste Mondiale et du KKL
Après plusieurs semaines de négociations et de psychodrames, les institutions se répartissent à parts égales entre la droite avec les haredim et les libéraux/pluralistes
Un accord final de coalition a été signé en ce qui concerne la direction de l’Organisation sioniste mondiale et du Fonds national juif (KKL), ont annoncé vendredi des responsables, ce qui met un point final à plusieurs semaines de négociations difficiles et de tentatives pour garantir un emploi lucratif à Yair, le fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Conformément aux termes de cet accord, Yaakov Hagoel, membre du Likud, dirigera l’Organisation sioniste mondiale pendant les deux premières années et demie, suite à quoi lui succèdera un représentant du bloc pluraliste/libéral pour la seconde moitié du mandat de cinq ans. Au KKL, c’est un représentant du bloc pluraliste/libéral qui dirigera la première moitié du mandat, suivi d’un représentant du Likud pour la seconde moitié.
Le rabbin Doron Perez, président du mouvement sioniste religieux mondial Mizrachi et père du capitaine Daniel Perez, tué lors de l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, sera nommé président de l’Organisation sioniste mondiale, au lieu d’en prendre la direction générale comme annoncé plus tôt cette semaine et Yizhar Hess en restera vice-président.
Yair Netanyahu ne se voit gratifié d’aucun poste, suite au tollé provoqué par cette éventualité.
En vertu de cet accord, les postes de direction les plus élevés se répartissent à parts égales entre la droite plus les haredim et le groupe formé des libéraux et pluralistes, relève une source de l’Organisation sioniste mondiale.
« Après un temps d’intense activité démocratique juive et sioniste, cet accord final va permettra à nos institutions nationales de poursuivre leur important travail », a déclaré Hess dans un communiqué.
« Cet accord garantit à nos institutions une direction équilibrée, sans provocateurs susceptibles de saper notre action pour Israël et le peuple juif. Je félicite tous ceux qui ont été choisis pour occuper des postes de haute direction et j’ai hâte de travailler en étroite collaboration avec eux à l’avenir », a-t-il ajouté.
Ces postes, à l’instar de la direction du Fonds national juif (KKL), permettent de mobiliser des budgets de plus d’un milliard de dollars par an au profit de causes juives, à commencer par l’éducation et la promotion de l’immigration juive.
Il est rare que les nominations à ces postes de direction appellent à ce point l’attention : ces dernières semaines, ce sont des événements polémiques qui les ont mises sous les projecteurs. Il y a de cela deux semaines, lors du Congrès sioniste mondial à Jérusalem, un précédent accord de direction a été annulé en toute dernière minute lorsqu’il s’est su que le député du Likud et loyaliste de Netanyahu, Miki Zohar, avait prévu un emploi fort lucratif à Yair Netanyahu.
Au final, le fils du Premier ministre n’obtient aucun poste au sein de l’Organisation sioniste mondiale, ont confirmé des sources. Pas plus que des proches du ministre d’extrême droite de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir.
Un autre irritant a bien failli perturber le processus de nomination, la semaine dernière. Au moment où un nouveau projet d’accord était en préparation, suite à l’échec du premier, le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, avait annoncé que son parti ne prendrait plus part aux négociations, dénonçant un système imprégné d’une « culture de corruption et de nominations politiques », alors même qu’il était devenu un important médiateur au sein de l’Organisation sioniste mondiale.
Prenant la mesure de l’ampleur de la corruption interne à l’œuvre dans le jeu de ces nominations, Lapid avait déclaré qu’il était « parvenu à la conclusion qu’elles [ces institutions] étaient irréparables et devaient être purement et simplement fermées ».
comments