Accusations d’antisémitisme: Bardella « ment éhontément », accuse Darmanin
Mediapart a publié lundi des messages anti-juifs datant de 2013 qu’il attribue à Jordan Bardella, dont le parti est en tête des intentions de vote pour la présidentielle de 2027
Le président du RN Jordan Bardella « ment éhontément » quand il dément être l’auteur de messages antisémites datant de 2013 révélés par le site Mediapart, a accusé vendredi sur RTL le garde des Sceaux Gérald Darmanin, soutien d’Edouard Philippe à la présidentielle.
« Il ment éhontément », a estimé le ministre de la Justice, qui estime « assez évident » qu’un militant du FN « de 17-18 ans qui aime Alain Soral (…) ait été antisémite ». « Sa stratégie qui consiste à mentir aux Français », estime Gérald Darmanin, « pose un doute énorme sur sa capacité à être en responsabilités politiques ».
« Veut-on d’un Premier ministre qui non seulement est antisémite, mais par ailleurs ment aux Français devant des preuves qui l’accablent ? », a demandé le garde des Sceaux. « C’est une question que doit se poser Mme (Marine) Le Pen », qui « doit dire » si elle « nommera toujours M. Bardella Premier ministre » en cas d’accession à l’Elysée.
« Le Rassemblement national n’est pas le lieu de protection des juifs, ça se saurait. Ou alors je n’ai pas bien compris mon histoire de France », a également dit Gérald Darmanin. « Il ya peu de doutes que M. Bardella ait eu ces propos, comme beaucoup de gens au Front national. »
Le média d’investigation français Mediapart a publié lundi des messages antisémites datant de 2013 qu’il attribue à Jordan Bardella, dont le parti est en tête des intentions de vote pour la présidentielle de 2027.
Parmi ces conversations, plusieurs propos antisémites, comme « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur » ou « Les ministères les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts français ».
Bardella joue un rôle clé dans la stratégie de « dédiabolisation » que le RN mène après que Marine Le Pen a repris les rênes du parti à son père, Jean-Marie Le Pen, auteur de propos négationnistes qui lui ont valu d’être condamné à plusieurs reprises.