Affaire Barbara Butch : Piolle exhorte Mélenchon à « reconnaître une erreur »

Pour l'ex-maire écologiste de Grenoble, il s'agit 'd'un exemple cinglant des procédés qui pétrifient nos électeurs et confortent une très large part de l'électorat dans son rejet' de LFI

Le fondateur du parti La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Melenchon prononçant un discours à côté du député français LFI Jean-François Coulomme (à droite) lors d'une manifestation pour un cessez-le-feu à Gaza et en solidarité avec le peuple palestinien devant l'Office des Nations unies, à Genève, le 3 février 2024. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

L’ancien maire écologiste de Grenoble, Éric Piolle, a appelé mardi Jean-Luc Mélenchon à « reconnaître une erreur » et à condamner l’interruption d’un concert de la DJ Barbara Butch par des militants anti-Israël et LFI.

« Je te sollicite directement pour que tu t’exprimes clairement sur la portée de l’interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble samedi 18 juillet », écrit l’ancien élu dans une tribune à Libération, rappelant l’alliance entre leurs partis respectifs durant ses deux mandats municipaux (2014-2026).

Pour Piolle, « les désaccords politiques sont normaux, y compris avec des artistes. Mais ce n’est pas un appel au boycott qui a été fait à Grenoble. C’est de la police politique, violente ».

Le concert de l’artiste juive de 45 ans à Grenoble avait été interrompu au bout d’une vingtaine de minutes en raison d’une action de militants anti-Israël et LFI répondant à un appel au boycott lancé notamment par la section iséroise des Insoumis.

La mairie, qui a porté plainte tout comme Butch, a fait état de « jets de bouteilles en verre » et d’autres projectiles « visant délibérément la scène ».

Les militants reprochaient à Butch sa participation en 2025 à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël, et le fait d’avoir signé une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme », contestée et remplacée depuis.

Sur Franceinfo, le coordinateur de LFI Manuel Bompard, qui joue le rôle de service après-vente du parti radical, a estimé que le boycott de ce concert était une réponse « pacifique » à sa « position politique ».

Mélenchon, chef du parti Insoumis et candidat à la présidentielle de 2027, régulièrement accusé d’antisémitisme, ne s’est de son côté pas exprimé publiquement.

Piolle fustige « un exemple cinglant des procédés qui pétrifient nos électeurs et confortent une très large part de l’électorat dans son rejet » de LFI.

« On peut voir cela comme un désastre politique. Je préfère, après l’avoir clairement condamné, voir ce tragique événement comme l’opportunité pour toi de reconnaître une erreur à tout point de vue » et éviter ainsi « de donner le sentiment que ce qui s’est passé à Grenoble pourrait être l’illustration de ce qui se passerait si La France Insoumise était au pouvoir », conclut-il.

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