Agression du rabbin Elie Lemmel à Neuilly : 3 ans de prison requis contre un Palestinien

Le ministère public a aussi demandé l'interdiction définitive du territoire français à l'encontre de Muath J., 28 ans

L'entrée du tribunal de Nanterre, le 30 janvier 2025. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)

Une peine de trois ans de prison a été requise jeudi à l’encontre d’un ressortissant palestinien jugé en son absence devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour avoir agressé un rabbin en juin à coup de chaise en région parisienne.

Le box des accusés était vide ce jeudi, Muath J., 28 ans, ayant refusé de quitter la maison d’arrêt de Nanterre, où il avait été placé en détention provisoire.

Le ministère public a également demandé à son encontre l’interdiction définitive du territoire français.

« Il s’agit d’une agression antisémite », a justifié le procureur, qui a qualifié les faits d' »extrêmement graves et spécialement inadmissibles ».

« La peine a une fonction rétributive, dissuasive et punitive. En ce qui concerne les faits qui ont été commis, notre société ne peut tolérer que l’on agresse des gens parce qu’ils sont Juifs, parce qu’ils ont une couleur de peau, parce qu’ils ont un habillement », a-t-il estimé.

Les faits remontent au 6 juin 2025. Ce jour-là, Muath J. a porté un coup à l’aide d’une chaise au visage du rabbin Elie Lemmel, installé à la terrasse d’un café à Neuilly-sur-Seine. Cette agression lui a valu quatre jours d’incapacité de travail (ITT).

« J’ai réalisé que je venais de vivre une agression au moment où j’ai entendu une personne crier ‘arrêtez-le!’ « , a témoigné à la barre le religieux de 64 ans.

« Ce qui est important dans ce procès, c’est qu’il y ait une dimension pédagogique », a-t-il souligné.

M. Lemmel a expliqué jeudi qu’il avait déjà été agressé quelques jours auparavant à Deauville (Calvados) par un autre homme.

Devant les enquêteurs, le prévenu avait évoqué des voix pour expliquer son comportement et affirmé ne pas avoir prémédité son geste.

Pendant l’enquête, il a fait l’objet de deux expertises psychiatriques qui sont d’une « contradiction frontale », selon les mots du président.

La première, réalisée au plus près des faits lors de la garde à vue, a conclu à son irresponsabilité pénale, évoquant « une maladie hallucinatoire » ayant aboli son discernement.

La deuxième, jugée plus approfondie par le parquet, a rejeté l’hypothèse d’une abolition ou même d’une altération de son discernement, sans écarter l’existence d’un trouble psychique.

Selon le procureur, ce deuxième examen médical « expose beaucoup plus en détail » qu’aucun des symptômes habituellement constatés sur les personnes qui souffrent d' »hallucination visuelle ou auditive » n’ont été diagnostiqués chez le prévenu.

Jeudi, le président a rappelé que Muath J. avait déjà agressé à coup de chaise un gérant d’un restaurant en Allemagne quelques jours avant l’agression de Neuilly-sur-Seine.

Il n’y a pas eu de décision judiciaire allemande concernant cette agression, dont on ne connaît pas les motivations.

L’avocat du prévenu, François Mevel, a demandé au tribunal de ne pas écarter le premier examen médical. « La place de (mon client) est dans un hôpital psychiatrique », a-t-il plaidé.

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