Ali Shaath, un ingénieur palestinien, pour administrer la bande de Gaza

À la tête du Comité national pour l'administration de Gaza, l'ex vice-ministre des Transports de l'AP aura la lourde tâche de piloter la première étape de la reconstruction de l'enclave

L'ancien vice-ministre des Transports de l'Autorité palestinienne Ali Shaath, sur une photo non datée. (Crédit : Autorisation)

Ali Shaath, choisi pour diriger le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), est un ingénieur civil et un ancien haut fonctionnaire. Il aura la lourde tâche de piloter la première étape de la reconstruction de l’enclave dévastée suite à la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas déclenchée par le pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023.

Peu connu du grand public, Shaath est né en 1958 à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, avant d’étudier au Caire et au Royaume-Uni, a indiqué un membre de sa famille à l’AFP.

Il a travaillé pour diverses institutions dans les domaines du développement, de la finance et des infrastructures, tant dans les Territoires palestiniens que dans les pays du Golfe.

Au sein de l’Autorité palestinienne (AP), il a occupé, dans les années 1990 et 2000, les fonctions de vice-ministre de la Planification et de la Coopération internationale, ainsi que celles de secrétaire général du ministère des Transports et des Communications, entre autres.

Lors d’une interview accordée mercredi à la radio palestinienne Basma, Shaath s’est longuement exprimé sur la reconstruction de la bande de Gaza, fournissant de nombreux détails sur les enjeux techniques de cette nouvelle phase de l’après-guerre.

« Nous ne parlons pas de ‘reconstruction’ mais de construire à nouveau », a-t-il déclaré, soulignant le besoin immédiat d’abris pour les 2,2 millions d’habitants de Gaza, dont presque tous ont été déplacés au moins une fois au cours de la guerre.

Illustration : Des enfants gazaouis jouent à côté des décombres de bâtiments détruits dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le 24 décembre 2025. (Crédit : Bashar Taleb/AFP)

« Nous établirons des plans pour l’eau, la réhabilitation des puits, la purification de l’eau. L’eau est le secret de la santé, de l’éducation, des hôpitaux, tous détruits », a-t-il estimé.

Concernant les quantités massives de gravats laissés par les bâtiments détruits, Shaath a évoqué l’idée de les repousser dans la mer Méditerranée, qui longe ce territoire, afin de l’étendre artificiellement.

Le plan de paix en vingt points négocié par Donald Trump, qui a abouti à un cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, prévoit qu’un comité de transition, composé de quinze membres, gouverne le territoire palestinien sous la supervision du « Conseil de Paix » présidé par le président américain.

Mercredi, sur les ondes de la radio, Shaath a indiqué avoir été contacté au sujet de ce poste par Nickolay Mladenov, le diplomate bulgare pressenti pour diriger les opérations de terrain du « Conseil de Paix ».

« Des cerveaux », pas des armes 

Shaath a déclaré que, selon les termes du plan Trump, le NCAG prendrait progressivement le contrôle de la bande de Gaza, où l’armée israélienne se trouve encore.

Il a souligné que la sécurité et la coordination avec les groupes terroristes ne relevaient pas du mandat du NCAG.

« Le comité n’est pas une armée, ce sont 15 experts palestiniens de la reconstruction assistés de personnel technique, des cerveaux à la place des armes », a-t-il déclaré.

Le président américain Donald Trump (au centre) s’exprimant lors du sommet pour la paix, à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Le comité technocratique de Gaza s’est réuni pour la première fois jeudi au Caire, dans un bâtiment de la représentation américaine en Egypte.

Le comité technocratique de Gaza doit se réunir pour la première fois jeudi au Caire, dans un bâtiment de la représentation américaine en Égypte, a indiqué à l’AFP un responsable de l’AP.

La plupart des groupes terroristes palestiniens, dont le Hamas, ont exprimé leur soutien à la composition du NCAG.

Le Hamas a déclaré qu’il ne cherchait pas à jouer un rôle dans une future autorité gouvernementale à Gaza, se limitant à un rôle de supervision de la stabilité sur le terrain.

Son rival, le parti Fatah du dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, n’a pas officiellement approuvé le comité, mais l’AP l’a salué.

La nomination de Shaath, relativement discret, a étonné plusieurs observateurs, selon des témoignages recueillis par l’AFP.

Un cadre d’une organisation internationale travaillant dans les Territoires palestiniens a ainsi estimé que cette nomination n’était « pas un choix évident ».

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