Alpes-Maritimes : Une candidate RN exclue de sa liste après des messages antisémites

Iris Biondo était classée en 10e position sur la liste conduite par Franck Galbert, non élu

La mairie du Cannet (Alpes-Maritimes), en 2014. (Crédit : Jpchevreau/CC BY-SA 3.0)

Une candidate du Rassemblement national aux élections municipales de 2026 au Cannet (Alpes-Maritimes) a été écartée de son équipe de campagne le 13 mars après la révélation, par Libération, le 12 mars, de publications à caractère antisémite sur les réseaux sociaux.

Classée en 10e position sur la liste conduite par Franck Galbert, arrivé second au premier tour dimanche 15 mars (Michèle Taborot des Républicains a été réélue dès le premier tour), Iris Biondo a diffusé à plusieurs reprises des contenus reprenant des thèmes complotistes et des stéréotypes antisémites. Contactée par Libération, elle a tenté de nier tout antisémitisme – sans grand succès et en faisant preuve d’une certaine bêtise et ignorance. Elle a aussi dénoncé une « chasse aux sorcières », affirmant viser « les sionistes et non les Juifs ».

À la suite des révélations de Libération, Franck Galbert avait annoncé son exclusion immédiate de l’équipe de campagne, tout en précisant qu’il ne lui était plus possible de la retirer formellement de la liste. Il avait également indiqué que, si elle était élue, elle ne siègerait pas au sein du groupe, et lui avait aussi demandé de s’engager à démissionner.

Selon Libération, les publications de la candidate incluent notamment des caricatures antisémites et conspirationnistes, et des vidéos de figures connues pour leurs propos antisémites, dont Alain Soral. D’autres publications mettent en scène des personnalités comme George Soros ou Klaus Schwab, cibles de longue date de complotistes antisémites.

« Il y a des Juifs qui sont très bien, le problème ce sont les sionistes et pas les Juifs », a-t-elle expliqué par téléphone à Libération. Elle a assuré qu’elle avait elle-même des origines juives et avait « un problème avec Marine Le Pen car elle est sioniste ». Avant d’ajouter, malgré ses dizaines de publications quotidiennes sur Facebook : « J’ai 68 ans et je ne suis pas très douée avec Internet… tout ça ce sont des vieilles publications. »

Deux publications partagées sur le compte Facebook d’Iris Biondo en 2023. (Crédit : Capture d’écran compte Facebook Iris Biondo)

Au sujet de la publication reprise ci-dessus représentant Emmanuel Macron arborant une étoile de David au revers de sa veste devant un énorme insecte repoussant arborant le même symbole juif, elle dit : « C’est pour montrer que Macron n’est pas un président, qu’il est manipulé par des gens au-dessus et qu’ils sont mauvais, la preuve sinon le pays irait bien. » Qui sont ce « ils » ? « Les sionistes bien sûr », dit-elle.

La candidate a également relayé des contenus homophobes ou encore pro-russes, et a exprimé son admiration pour Vladimir Poutine, tout en diffusant des informations trompeuses sur la guerre en Ukraine.

Plusieurs candidats du Rassemblement national ont été épinglés ces dernières semaines et lors de scrutins précédents pour des propos antisémites, malgré les efforts affichés depuis des années par la direction de leur parti pour s’afficher comme fermement opposé à l’antisémitisme.

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