Amsterdam : Tollé après un acte de vandalisme pro-palestinien sur le monument aux morts de la Seconde Guerre mondiale
La cérémonie du Dodenherdenking a finalement pu se dérouler comme prévu ; le groupe anti-Israël a dit vouloir 'dénoncer l’hypocrisie de la Journée du Souvenir du 4 mai'
À la veille du Dodenherdenking, ou journée nationale de commémoration des victimes de la Seconde Guerre mondiale, le monument national situé sur la place du Dam à Amsterdam a été vandalisé avec de la peinture rouge et le mot « genocide » inscrit en grandes lettres.
Les Pays-Bas marquent chaque année le 4 mai avec une cérémonie de recueillement en présence de la famille royale afin d’honorer les victimes de la Seconde Guerre mondiale ainsi que celles des conflits ultérieurs. Tôt lundi matin, les autorités ont indiqué que de la peinture avait été pulvérisée à plusieurs endroits du monument.
Des équipes de nettoyage sont rapidement intervenues et sont parvenues à restaurer le site avant les cérémonies officielles organisées le soir même en présence du roi Willem-Alexander et de la reine Máxima, marquées par un dépôt de couronnes et deux minutes de silence observées à travers le pays.
L’incident a été condamné par la maire d’Amsterdam, Femke Halsema, qui a qualifié l’acte de « geste d’une incroyable lâcheté ». Sur les réseaux sociaux, elle a déclaré que cette dégradation « n’est pas une manifestation, mais du vandalisme et une attaque délibérée contre notre monument national ».
Le Premier ministre Rob Jetten a lui aussi condamné des faits « idiots et totalement inacceptables ».
La police est à la recherche de trois suspects aperçus sur une vidéo tournée par une personne inconnue. Selon les autorités, ils portaient des vêtements de pluie, transportaient de grands sacs blancs et auraient pris la fuite à vélo après avoir tagué le monument.
On the Netherlands’ Memorial Day, a day meant to honor the victims of war, the Dutch National Monument in Amsterdam, was deliberately targeted and vandalized by anti-Israel extremists.
This was not just an act of vandalism. It was a desecration of a sacred space of remembrance. pic.twitter.com/XpQlWXJLjF— StandWithUs (@StandWithUs) May 5, 2026
Un groupe anti-Israël, Palestine Action Amsterdam (PAA), a revendiqué l’action. Dans un communiqué relayé par plusieurs médias néerlandais, le groupe affirme avoir voulu « dénoncer l’hypocrisie de la Journée du Souvenir du 4 mai, où l’on commémore les victimes de l’Holocauste et de la Seconde Guerre mondiale alors que le silence sur le génocide en cours est assourdissant ».
Ce n’est pas la première action attribuée au réseau.
En octobre dernier, le Palais royal de la place du Dam avait été recouvert de peinture rouge et des mots « Fuck Israel ».
En août dernier, le Monument national avait déjà été visé par des graffitis portant l’inscription « Never again is now ».
Selon le quotidien néerlandais De Telegraaf, peu d’informations existent sur Palestine Action Amsterdam. Il indique toutefois que Palestine Action Nederland affirme faire partie d’un réseau international pro-palestinien.
Le gouvernement du travailliste britannique Keir Starmer a classé Palestine Action comme organisation terroriste en juillet 2025, après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre l’entreprise israélienne Elbit Systems.
L’organisation néerlandaise Center for Information and Documentation Israel (CIDI) a dénoncé une profanation de l’histoire.
« Tout doit être détruit pour laisser place à leur fanatisme », a écrit l’organisation sur les réseaux sociaux. « C’est profondément malsain. »
Le Congrès juif européen s’est dit « consterné » par cet acte de vandalisme qu’il a qualifié « d’attaque directe contre la mémoire, la dignité et les principes que ces commémorations sont censées défendre ».
À l’approche du 4 mai, Emile Schrijver, directeur général du Quartier culturel juif d’Amsterdam, avait rappelé que les débats sur les conflits contemporains avaient toute leur place dans l’espace public, mais que la cérémonie nationale devait rester consacrée aux victimes qu’elle entend honorer.
« Il y a largement de quoi parler de la crise au Moyen-Orient. Mais gardons cela en dehors de la commémoration de ces personnes. Elles n’avaient absolument rien à voir avec la situation actuelle en Israël, peu importe ce que l’on en pense. »