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Anne Hidalgo compare le sort des musulmans de France à celui des Juifs

"Ce langage des années 1930, qui honnissait l’étranger, qui exaltait la haine des Juifs, ils l’appliquent aujourd’hui à qui ? Aux musulmans", a estimé la candidate du PS

La maire de Paris et candidate du Parti socialiste (PS) à l'élection présidentielle d'avril 2022, Anne Hidalgo, prononce un discours lors d'un meeting de campagne à Perpignan, le 12 décembre 2021. (Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP)
La maire de Paris et candidate du Parti socialiste (PS) à l'élection présidentielle d'avril 2022, Anne Hidalgo, prononce un discours lors d'un meeting de campagne à Perpignan, le 12 décembre 2021. (Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP)

Anne Hidalgo s’est posée dimanche en garante d’une France « juste » et « réunie », face à la droite et à l’extrême droite, lors d’un meeting à Perpignan, au lendemain de son appel à une primaire de la gauche pour « continuer à exister ».

« No pasaran ! », a proclamé la candidate socialiste à la présidentielle, face à plus d’un millier de personnes galvanisées dans le palais des Congrès de Perpignan, à 30 km de la frontière espagnole. Dans cette ville détenue par le Rassemblement national (RN), elle a affirmé sa volonté de « réunifier la République qu’on a changée en archipel des méfiances et des ressentiments ».

Elle a néanmoins prononcé des propos polémiques, comparant le sort passé des Juifs à celui des musulmans.

« Ce langage des années 1930, qui honnissait l’étranger, qui exaltait la haine des Juifs, lis l’appliquent aujourd’hui à qui ? Aux musulmans », a-t-elle estimé. « Non, cette France qui recule n’est pas la nôtre. Non, cette nation confite dans une nostalgie agressive n’est pas la nôtre. Non, cette France au passé falsifié n’est pas la nôtre. Je ne laisserai pas désigner nos compatriotes musulmans comme les boucs émissaires de la crise française », a-t-elle déclaré.

« Je ne laisserai pas désigner nos compatriotes musulmans comme les boucs émissaires de la crise française ! Je ne laisserai pas s’imposer cette soi-disant ‘préférence nationale’ qui est une autre définition du racisme. Je ne laisserai pas détruire le droit du sol, qui est un puissant moyen d’intégration », a-t-elle asséné.

Cette comparaison avec le sort des Juifs lui a valu des critiques, notamment sur les réseaux sociaux.

Anne Hidalgo, qui a proposé mercredi une primaire à ses concurrents de gauche face au risque d’un second tour monopolisé par la droite et l’extrême droite, l’a répété à Perpignan : « L’union, l’histoire le montre, c’est ce qui fait la gauche. »

Alors que beaucoup ont ironisé sur ce qu’ils considèrent comme « une proposition de la dernière chance », elle veut prouver qu’elle est toujours « déterminée », malgré des sondages qui lui confèrent entre 3 et 7 % des intentions de vote.

« Sans union, il n’y a pas de destin pour la gauche, mais sans la gauche ce n’est plus la France, ce n’est plus la démocratie », a-t-elle insisté.

Son appel à une primaire, via le mouvement citoyen de la Primaire populaire, qui plaide depuis un an pour une candidature unique à gauche, a pour l’instant fait pschitt. Mais « il nous reste le temps de débattre fraternellement devant les citoyens, de nous soumettre à leur verdict et de l’accepter », a-t-elle assuré.

Dans son discours de près d’une heure, la candidate a exhorté ses troupes à se tenir « debout, la tête haute », et à refuser « dans un cauchemar ultime, une victoire de l’extrême droite » en avril 2022.

La gauche « pas morte »

Elle a notamment promis « le droit de vote aux élections locales » pour les étrangers et que les personnes sans-papiers établies en France depuis un long délai, disposant d’un travail et d’un logement, « seront régularisées ».

Si elle est élue, « la France respectera ses propres principes en admettant sur son sol les étudiants, les candidats légitimes au regroupement familial, les réfugiés persécutés dans leur propre pays et les travailleurs indispensables à notre économie », a poursuivi la maire de Paris.

Pour les jeunes, elle a notamment annoncé « un ‘minimum jeunesse' », qui sera ouvert à 18 ans et « sous conditions de ressources ». Elle a aussi promis la création « d’une dotation », au départ de 5 000 euros, « visant à apporter à chaque jeune, dès 18 ans, un capital pour financer ses projets ».

Anne Hidalgo, maire de Paris, a reçu le prix de la « diplomate verte de l’année », décerné par le magazine Foreign Policy, récompensant son action écologique et climatique, à Washington, le 17 novembre 2016. (Crédit : AFP/Zach Gibson)

Revalorisation du travail, « école de la République, laïque et gratuite », « hôpital public » comme « bien commun », la candidate a aussi rappelé les grandes lignes de son programme : une augmentation de 15 % du Smic, l’ouverture du droit de vote à 16 ans et le « serment » de « sanctuariser à 62 ans l’âge de départ à la retraite ».

Ce meeting, auquel ont participé notamment le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et la présidente PS de la région Occitanie Carole Delga, a été l’occasion « de redonner l’espoir » au peuple de gauche, selon Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier, qui estime que « pour que la gauche soit présente, il faut moins de candidats ».

Un avis partagé par Michel, 75 ans, militant socialiste : « On ne peut pas nier que la gauche est dans un piteux état mais bon… elle n’est pas morte. On nous prédisait déjà la perte du Conseil général, la région qui passerait à l’extrême droite. Rien de tout cela n’a eu lieu donc c’est qu’il y a encore des gens qui croient à la démocratie et à la gauche. »

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