Annexion/Cisjordanie : Ce qu’a dit Friedman, ce qu’ont répondu des Israéliens
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Annexion/Cisjordanie : Ce qu’a dit Friedman, ce qu’ont répondu des Israéliens

Des dirigeants des implantations ont salué les propos avancés par Friedman, mais ont cependant exprimé des divergences quant à certains aspects du plan Trump

L'ambassadeur américain en Israël, David Friedman (4e en partant de la droite), visite l'implantation d'Efrat avec des dirigeants d'implantations, le 20 février 2020. (Autorisation)
L'ambassadeur américain en Israël, David Friedman (4e en partant de la droite), visite l'implantation d'Efrat avec des dirigeants d'implantations, le 20 février 2020. (Autorisation)

David Friedman, l’ambassadeur américain en Israël a annoncé que les États-Unis pourraient reconnaître la souveraineté israélienne sur des pans de Cisjordanie dans les semaines à venir si l’État hébreu déclarait l’annexion de ces secteurs.

« Quand le processus de cartographie sera fini, quand le gouvernement israélien aura accepté de geler les constructions dans les secteurs de la zone C qui ne sont pas voués à être placés sous souveraineté israélienne, et quand le Premier ministre aura accepté de négocier avec les Palestiniens sur la base du plan Trump – ce qu’il a accepté dès le premier jour – alors nous reconnaîtrons la souveraineté israélienne dans les régions concernées selon le plan », a-t-il annoncé selon le journal Israel Hayom, dans un article en hébreu relayant ses propos.

Il a souligné que c’était à Israël de décider s’ils voulaient annexer ces régions, mais s’il le fait, les États-Unis reconnaîtront cette démarche. Il a ajouté que des Israéliens de tous bords lui auraient dit à quel point ils appréciaient le plan de paix du président américain Donald Trump.

En vertu de l’accord de coalition conclu entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz, le prochain gouvernement pourra faire voter l’annexion de la vallée du Jourdain et des implantations de Cisjordanie à partir du 1er juillet, bien que ce futur gouvernement ne soit pas encore formé.

Des dirigeants des implantations ont salué les propos de Friedman, mais ont cependant exprimé des divergences quant à certains aspects du plan. Les États-Unis ont indiqué qu’Israël devait accepter le plan dans sa totalité avant de procéder à une annexion.

Oded Revivi, maire de l’implantation d’Efrat, a rappelé le soutien de Chaim Weizmann aux décisions prises lors de la conférence de San Remo il y a 100 ans « même si tout le rêve sioniste n’a pas été réalisé » et l’acceptation par David Ben-Gurion du plan de partition de l’ONU en 1947 malgré les réserves émises sur les frontières proposées pour un État juif.

« Le même courage est maintenant requis de la part de la droite et des dirigeants des implantations pour dire oui malgré les conditions et les défis », dit-il dans une déclaration.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (G) et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman (2e G) dans l’implantation d’Ariel, au nord de la Cisjordanie, le 24 février 2020. (Crédit : David Azagury/ Ambassade des États-Unis à Jérusalem)

Yochai Damri, président du conseil régional de Har Hebron, a fait l’éloge de Friedman tout en affirmant que le plan Trump comporte des « lignes rouges » auxquelles il s’oppose, comme la création d’un État palestinien.

« C’est une mesure immorale et contraire à l’éthique, et d’après l’expérience passée, c’est aussi un danger évident pour les résidents du pays », clame-t-il.

Le maire de Beit El, Shai Alon, appelle le gouvernement à « arrêter de bégayer » et à aller de l’avant avec l’annexion.

Joe Biden, candidat démocrate à la présidence, a déclaré qu’il est essentiel pour la paix israélo-palestinienne de faire pression sur le gouvernement israélien pour qu’il ne prenne pas de mesures unilatérales, faisant ainsi référence aux projets des dirigeants israéliens d’annexer une partie de la Cisjordanie.

Dans une déclaration mardi à la Jewish Telegraphic Agency, Biden a annoncé qu’en tant que président, il reprendrait l’assistance américaine aux Palestiniens, rouvrirait le consulat américain à Jérusalem qui était principalement destiné aux Palestiniens et chercherait à rouvrir la mission de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Washington.

Biden dit qu’il « reprendrait les décennies d’efforts d’assistance économique et sécuritaire aux Palestiniens que l’administration Trump a interrompus ».

Le porte-parole du président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a aussi dénoncé les commentaires formulés plus tôt dans la journée par l’ambassadeur américain en Israël David Friedman en faveur de l’annexion de la Cisjordanie, les qualifiant d’ « inacceptables ».

« Le peuple palestinien déjouera tous les complots et ne laissera pas passer une telle annexion sans prendre des mesures décisives contre elle, comme l’a confirmé [Abbas] », qui a averti que cela conduirait l’AP à l’abrogation de tous les accords avec Israël, a déclaré Nabil Abu Rudeineh dans un communiqué.

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