Antisémitisme : l’université Paris 1 engage une procédure contre un étudiant

Entre janvier et mai 2025, 504 actes antisémites ont été recensés en France, selon le ministère de l'Intérieur, soit une baisse de 24% sur un an mais plus du double par rapport à la même période de 2023

Des étudiants brandissent un drapeau "palestinien" géant lors d'un rassemblement en faveur des Palestiniens et contre Israël, à l'université de la Sorbonne, à Paris, le 29 avril 2024. (Crédit : Geoffroy Van Der Hasselt/AFP)

L’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a engagé une « procédure disciplinaire » contre l’un de ses étudiants, soupçonné d’avoir exclu plusieurs étudiants d’un groupe de discussions en ligne « en raison de leur supposé sionisme » ou de leur « prétendue appartenance religieuse », a-t-elle annoncé samedi dans un communiqué.

Mardi, l’université avait fait état d’actes antisémites subis ces derniers jours par certains de ses étudiants.

Le premier acte s’est produit le 24 août, lorsqu’un étudiant a créé un sondage intitulé « Les juifs pour ou contre ? » sur un groupe WhatsApp d’étudiants de la même promotion, expliquait alors l’université.

Le deuxième acte s’est produit lundi. L’université a indiqué avoir « été avertie en fin de journée de l’exclusion de plusieurs étudiants d’un groupe de discussion sur le réseau social Instagram, en raison de leur supposé sionisme, plus vraisemblablement en raison de leur prétendue appartenance religieuse, par un étudiant ou une étudiante ».

Samedi, l’université a annoncé avoir « parvenu à identifier l’auteur présumé ». « Ce dernier étudie à Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Une procédure disciplinaire a donc été engagée à son encontre et une mesure conservatoire a été prise, notamment pour assurer la sérénité de la procédure », ajoute l’établissement.

« C’est maintenant à la section disciplinaire compétente qu’il revient d’instruire et de se prononcer sur ce dossier », ajoute-t-il.

L’université « appelle ainsi toutes et tous à la retenue et ne tolérera aucune menace, pression ou campagne de harcèlement » et rappelle que « les actes et propos antisémites, racistes ou xénophobes n’ont pas leur place à l’université ».

Elle rappelle également à ses étudiants que « les échanges tenus dans les groupes de discussion sur les réseaux sociaux engagent leurs auteurs, et que tout acte ou propos répréhensible sera immédiatement poursuivi et sanctionné dès lors qu’elle en aura connaissance ».

Début juillet, le Parlement a adopté une proposition de loi visant à lutter contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur. Ce texte prévoit des mesures de sensibilisation et de sanctions disciplinaires, ainsi que la désignation obligatoire d’un « référent » dédié au sein de chaque établissement.

Entre janvier et mai 2025, 504 actes antisémites ont été recensés en France, selon le ministère de l’Intérieur, ce qui représente une baisse de 24 % par rapport à la même période de l’année précédente, mais une hausse de plus de 100 % par rapport à la même période de 2023.

read more:
comments