Aoun accuse le Hezbollah de risquer de transformer le Liban en « deuxième Gaza »
Le président appelle la communauté internationale à aider à mettre en œuvre un cessez-le-feu complet avec Israël, à soutenir l'armée libanaise pour désarmer le groupe terroriste et ramener le Liban et Israël à des pourparlers directs
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah de mettre le Liban en danger de devenir « un deuxième Gaza ».
S’adressant à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et au président du Conseil européen, António Costa, Aoun a déclaré, sans nommer le groupe terroriste soutenu par la République islamique d’Iran, que « le lancement de quelques roquettes depuis le Liban vers Israël était un piège et une embuscade presque ouverte contre le Liban, l’État libanais et le peuple libanais », selon son bureau.
Le Hezbollah a repris ses attaques à la roquette et au drone contre Israël lundi dernier, après une longue pause, en représailles à l’élimination du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors d’une frappe israélienne le 28 février.
« Certains souhaitaient que ces roquettes attirent l’armée israélienne afin qu’elle s’infiltre au Liban, envahisse certaines de ses régions, voire les occupe », explique-t-il. « L’objectif était de mettre le Liban face à un dilemme : soit s’engager dans une confrontation directe avec l’agression israélienne, affranchie de toute contrainte juridique ou humanitaire, ce qui transformerait le Liban en un second Gaza. »
Le président a affirmé que son gouvernement avait l’intention d’appliquer « de manière claire et décisive » la récente interdiction des activités militaires du Hezbollah.
Il a appelé la communauté internationale à aider à mettre en œuvre un cessez-le-feu complet avec Israël, à soutenir les Forces armées libanaises (LAF) pour désarmer le groupe terroriste chiite libanais et à ramener le Liban et Israël à des pourparlers directs.
Selon un communiqué libanais, Aoun a déclaré lundi aux trois ambassadeurs scandinaves que l’État hébreu n’atteindrait pas ses objectifs au Liban par des frappes militaires.
Après que le Hezbollah a de nouveau tiré des roquettes et des drones sur le nord d’Israël la semaine dernière, l’État hébreu a frappé le groupe terroriste chiite libanais soutenu par la République islamique d’Iran, éliminant plus de 200 de ses terroristes.
Aoun a souligné que le Liban était « tout à fait prêt » à reprendre les négociations avec Israël afin de discuter des « points essentiels en matière de sécurité nécessaires pour mettre fin à l’escalade dangereuse d’Israël ».
Il a également adressé un avertissement au Hezbollah et à ses alliés, affirmant que l’armée continuerait à confisquer les armes lorsque les conditions le permettraient.
Le Parlement libanais a reporté, lundi, de deux ans les élections législatives prévues en mai, en raison de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah.
Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohamed Raad, a lui juré lundi de poursuivre le combat contre Israël « quel qu’en soit le prix », dans une allocution diffusée par la chaîne Al-Manar, organe du Hezbollah. Fustigeant le gouvernement libanais, Raad a affirmé que l’objectif du groupe pro-iranien est de « chasser l’ennemi de notre territoire occupé… Très clairement, nous n’avons pas d’autre choix que la résistance pour préserver notre honneur, notre fierté et notre dignité ».
Un cessez-le-feu est « la meilleure chance » pour « éviter le chaos » au Liban après les attaques du Hezbollah et les représailles « disproportionnées » d’Israël, qui doivent cesser, a pour sa part déclaré lundi la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas. Le Hezbollah, mouvement chiite allié de l’Iran, doit « se désarmer et cesser toute action contre Israël, mais, « dans le même temps, la réponse d’Israël a été « disproportionnée », a-t-elle écrit dans un communiqué.
Le déploiement de soldats israéliens à la frontière libanaise est indispensable pour « empêcher les incursions terrestres des forces du Hezbollah ainsi que les tirs de roquettes visant les civils et les communautés israéliennes », a pour sa part affirmé le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar à la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert.
« Le Hezbollah a lancé une attaque contre nous. Aucun acteur de la communauté internationale ne s’efforce de l’arrêter, à part nous », a ajouté Saar, selon son bureau.
L’affaiblissement du Hezbollah constitue un « intérêt commun » pour Israël et le Liban, a-t-il poursuivi.
La force de maintien de la paix de la FINUL est un « obstacle » aux opérations de l’armée israélienne contre le Hezbollah, a-t-il souligné.
« Positions défensives avancées »
L’armée israélienne a indiqué de son côté lundi avoir tué Abou Hussein Ragheb, chef d’une des trois zones opérationnelles du Hezbollah dans le sud du Liban, et annoncé avoir lancé, y compris au sol, un raid ciblé dans la région contre les membres et infrastructures du Hezbollah.
L’opération vise « à renforcer les positions défensives avancées pour offrir une protection supplémentaire aux habitants du nord d’Israël », a-t-elle dit.
Elle a également mené plusieurs frappes dans différentes parties du sud et l’est du Liban, selon l’Ani.
Un prêtre a été tué par des tirs israéliens dans le village chrétien de Qlayaa, dans le sud, selon les médias d’État et une source médicale.
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