Aoun au Hezbollah : « La trahison, c’est entraîner son pays dans une guerre au profit d’intérêt étrangers »

'Ceux qui nous ont entraîné dans la guerre au Liban nous demandent maintenant des comptes pour avoir décidé de négocier', a ajouté le président libanais

Le président libanais Joseph Aoun s'exprimant lors d'une conférence de presse, à l'issue du sommet de l'Union européenne, à Nicosie, à Chypre, le 24 avril 2026. (Crédit : Petros Karadjias/AP)

À une délégation représentant les villages du sud du Liban, le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations avec Israël « ne sont pas une trahison », à l’heure où Beyrouth et Jérusalem poursuivent leurs pourparlers en vue de parvenir à un règlement et, éventuellement, à un accord de paix historique.

« Mon objectif est de parvenir à la fin de l’état de guerre avec Israël, à l’instar de l’accord d’armistice » entre le Liban et Israël en 1949, a déclaré dans un communiqué le président Joseph Aoun, en ajoutant : « je vous assure que je n’accepterai pas un accord humiliant ».

Répondant implicitement au mouvement terroriste pro-iranien du Hezbollah qui refuse catégoriquement les négociations directes avec Israël, le dirigeant libanais a rétorqué que « ceux qui nous ont entraîné dans la guerre au Liban nous demandent maintenant des comptes pour avoir décidé de négocier… Ce que nous faisons n’est pas une trahison, la trahison est plutôt commise par ceux qui entraînent le pays dans une guerre au profit d’intérêt étrangers ».

Les propos du président ont été rendus publics peu après que le chef du Hezbollah, Naim Qassem, a publié un communiqué dans lequel il réaffirmait que le groupe terroriste chiite libanais ne remettrait pas ses armes, qualifiant les négociations avec Israël de « péché grave » et estimant que certains au Liban « tirent profit de la destruction » du pays.

« Combien de temps encore les habitants du sud continueront-ils à payer le prix des guerres que d’autres mènent sur notre territoire ? Si cette guerre servait les intérêts du Liban, nous la soutiendrions. Mais si elle sert uniquement les intérêts d’autrui, je la rejette catégoriquement », a conclu Aoun.

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