Nawaf Salam : Après la FINUL, le Liban aura besoin d’une présence internationale

Interrogé sur le désarmement du groupe terroriste du Hezbollah, Nawaf Salam, en visite à Paris, a assuré que la phase 2 de ce processus avait démarré 'il y a quinze jours'

Le président français Emmanuel Macron (à gauche), portant des lunettes de soleil, serrant la main du Premier ministre libanais Nawaf Salam avant leur rencontre, à l'Élysée, à Paris, le 23 janvier 2026. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)

Le Liban aura besoin « d’une présence internationale de préférence onusienne » après le départ de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) dans le sud du pays programmé en 2027, a estimé samedi le Premier ministre libanais en visite à Paris.

Quelque 10 800 Casques bleus font tampon entre Israël et le Liban depuis mars 1978, mais ils devront quitter le Liban à partir du 31 décembre et dans un délai d’un an, conformément à une résolution votée en août dernier sous la pression des Etats-Unis et d’Israël.

« On aura toujours besoin d’une présence internationale au sud, et de préférence, une préférence onusienne, vu cette impartialité et neutralité que seule l’ONU peut apporter », a déclaré Nawaf Salam à des journalistes dont l’AFP, au lendemain d’une rencontre avec le président Emmanuel Macron.

« Ce ne sera pas une FINUL 3, mais il faudrait une force du genre mixte d’observateurs et de forces de maintien de la paix », a-t-il ajouté.

Une nouvelle force internationale est nécessaire en raison notamment d’une « histoire d’hostilité entre Liban et Israël, qui a 70 ans, 80 ans », a poursuivi le Premier ministre libanais. « On aura besoin d’une force de liaison », a-t-il dit.

Les Casques bleus opèrent actuellement dans le sud du Liban en coopération avec l’armée libanaise dans le cadre d’un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 entre Israël et le groupe terroriste pro-iranien du Hezbollah.

Interrogé sur le désarmement du Hezbollah, le Premier ministre a assuré que la phase 2 de ce processus avait démarré « il y a quinze jours ».

« Je vois très bien que la phase 2 a des exigences qui ne sont pas les mêmes que celles de la phase 1 », a reconnu Nawaf Salam, soulignant « le langage plutôt dur » du Hezbollah.

L’armée libanaise a annoncé avoir achevé la première phase qui concernait le désarmement du Hezbollah au sud du Litani.

« Mais, on est clair: on ne va pas faire marche arrière », a-t-il insisté.

La phase 2 doit porter sur l’extension du processus de restriction des armes à l’ensemble du territoire libanais. Pour l’heure, aucun calendrier précis n’a été annoncé.

Mais le Premier ministre a souligné que l’un des aspects était de donner des moyens à l’armée et aux forces de sécurité intérieures, « d’où la conférence de soutien aux forces armées libanaises » qui se tiendra début mars à Paris.

Il n’a pas communiqué d’estimations chiffrées mais il a fait état de multiples besoins allant des équipements aux salaires qui doivent être « dignes » afin de recruter quelque 10 000 soldats.

Le plan détaillé des besoins sera présenté par le commandant en chef le 5 mars, a-t-il également fait savoir.

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