Arabie saoudite : Ankara exclut d’envoyer des troupes pour attaquer les Houthis
'Si un pays signataire de cet accord est attaqué, vous le soutiendrez pour assurer sa défense. Ce n'est pas un accord offensif', a expliqué Hakan Fidan en référence au pacte signé avec Islamabad et Ryad
Le ministre turc des Affaires étrangères a exclu jeudi d’envoyer son armée pour frapper les rebelles Houthis du Yémen, indiquant que son pays « n’enverrait pas ses troupes sur le territoire d’un autre pays pour lancer une attaque ».
Ankara est lié par un accord tripartite signé en août à la Mecque avec le Pakistan et l’Arabie saoudite.
« Il s’agit d’un accord de défense. Si un pays signataire de cet accord est attaqué, vous le soutiendrez pour assurer sa défense. Ce n’est pas un accord offensif », a expliqué Hakan Fidan.
« Grâce à l’aide que nous fournissons actuellement à l’Arabie saoudite, nous établissons une coopération en matière de défense. (…) Nos délégations militaires travailleront ensemble pour déterminer les mesures de défense nécessaires dans la zone d’opérations », a-t-il ajouté sans autre précision.
L’accord doit encore être ratifié par le Parlement pour entrer en vigueur. « Nous avons décidé de le lui soumettre dans les plus brefs délais », a indiqué le chef de la diplomatie turque, en marge d’une rencontre avec son homologue hongroise Anita Orban, en visite en Turquie.
Le pacte tripartite associe la deuxième armée de l’Otan (Turquie), la principale puissance du Golfe (Arabie Saoudite) et la seule puissance nucléaire du monde musulman (Pakistan).
Les hostilités entre les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l’Arabie saoudite, et les combattants houthis pro-Iran, au pouvoir dans une grande partie du Yémen depuis une décennie, ont repris en juillet après des années d’accalmie, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.
Mais si le conflit a immédiatement lancé la question de la mise en œuvre militaire de l’accord, les responsables turcs ont plusieurs fois relevé qu’une telle hypothèse était soumise à énormément de calages opérationnels entre les trois armées, de travail juridique et de discussions stratégiques.
« L’Otan ne s’est pas faite en un jour », s’est ainsi justifiée à l’AFP une source diplomatique turque à Ankara en septembre.