Araghchi annonce sa visite au Liban, et trouve « déconcertant » le refus de son homologue de venir à Téhéran
Des pourparlers sont en vue alors que Beyrouth subit une pression croissante pour désarmer le Hezbollah, groupe terroriste soutenu par l'Iran régnant sur le sud-Liban depuis des décennies
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a annoncé jeudi qu’il se rendrait à Beyrouth pour des pourparlers après le refus, la veille, de son homologue libanais de venir à Téhéran.
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, a fait savoir à Araghchi qu’il était le bienvenu à Beyrouth, ou qu’ils pourraient se rencontrer dans un pays « neutre », avant de finalement lancer une invitation officielle. Les discussions doivent avoir lieu alors que le Liban cherche à désarmer le groupe terroriste du Hezbollah soutenu par l’Iran, qui règne sur le sud du Liban depuis des décennies.
« Il m’était impossible d’accepter son invitation à me rendre à Téhéran dans les circonstances actuelles », a posté Rajji mercredi sur le réseau social X.
La semaine dernière, le ministre libanais a déclaré que, si Beyrouth cherchait à désarmer le Hezbollah, c’est l’Iran qui aurait le dernier mot sur la question.
Rajji, sur le réseau social X, a indiqué avoir souligné dans sa réponse à Araghchi que « un État fort ne peut être construit que lorsque l’État seul, via son armée nationale, détient le droit exclusif de porter des armes et de décider des questions de guerre et de paix », une référence voilée à l’arsenal considérable du Hezbollah.
Il a également fait valoir que sa déclaration ne signifiait pas un rejet du dialogue avec l’Iran, affirmant mercredi soir à Reuters qu’il avait invité Araghchi « à venir à Beyrouth pour tenir des pourparlers, dans une lettre diplomatique officielle ».
Araghchi a pour sa part écrit sur le réseau social X qu’il « accepterait avec plaisir l’invitation à se rendre à Beyrouth », tout en qualifiant la position de Rajji de « déconcertante », ajoutant que les ministres des Affaires étrangères des pays entretenant des « relations diplomatiques complètes » n’avaient pas besoin d’un lieu neutre pour se rencontrer.
Les demandes de désarmement du Hezbollah se sont multipliées depuis le début du cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste, il y a un peu plus d’un an.
Aux termes de ce cessez-le-feu qui a mis fin au conflit ayant opposé, d’octobre 2023 à novembre 2024, Israël et un Hezbollah fortement affaibli, le groupe terroriste devait être désarmé, et permettre aux forces armées libanaises de se déployer pleinement dans tout le pays à mesure du retrait de l’armée israélienne. Mais ce désarmement n’a pas encore eu lieu, malgré l’existence d’un plan élaboré par le Liban à cet effet.
Le Liban subit désormais des pressions pour accélérer le processus, sous peine de voir Israël lancer une nouvelle opération militaire.
Israël, qui a maintenu ses soldats dans le pays, mène régulièrement des frappes qui, selon lui, visent à contrer les tentatives du Hezbollah de reconstruire sa puissance. Des frappes auxquelles Araghchi a fait référence jeudi.
« Soumis à l’occupation israélienne et à des violations flagrantes du ‘cessez-le-feu’, je comprends parfaitement pourquoi mon estimé homologue libanais n’est pas prêt à se rendre à Téhéran », a déclaré le ministre iranien.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.