Attaque de Marseille : obsèques des victimes, flou sur le mobile du tueur
L'EI avait rapidement revendiqué le meurtre de Mauranne et Laura mais les enquêteurs français n'ont à ce stade rien trouvé qui puisse le relier à l'EI
Des centaines de personnes ont assisté jeudi aux obsèques des deux cousines de 20 ans assassinées dimanche à Marseille dans le sud de la France par un ressortissant tunisien, qui selon Tunis n’a aucun lien démontré à ce jour avec des groupes « terroristes ».
« Mes yeux brûlent, ma tête explose, comment hurler autre chose que vos noms : Laura, Mauranne ! » a lancé d’une voix blanche la mère de cette dernière lors de la cérémonie religieuse à l’église d’Eguilles (sud-est), village d’origine d’une partie de la famille.
« Je t’aime Mauranne, je t’aime… », a lancé le père de Mauranne avant que sa voix ne s’étrangle d’émotion.
A l’extérieur, plusieurs centaines de personnes ont écouté la retransmission de la cérémonie, quatre jours après le meurtre des deux cousines à coups de couteau sur le parvis de la gare principale de Marseille, par un Tunisien de 29 ans, Ahmed Hanachi, au cri « d’Allah Akbar ». Hanachi a été rapidement abattu par un militaire.
Au même moment, le Premier ministre tunisien Youssef Chahed a indiqué depuis Tunis que l’enquête sur Ahmed Hanachi, n’avait jusque-là pas mis en évidence de liens avec des groupes « terroristes » en Tunisie.
« L’enquête est en cours, nous n’avons pas vraiment de liens aujourd’hui ou de preuve qui prouve l’attachement, quand cette personne était en Tunisie, avec des groupes terroristes ou Daech » (acronyme arabe de l’organisation Etat islamique), a-t-il déclaré à la presse après une rencontre avec son homologue français Edouard Philippe.
L’EI avait rapidement revendiqué le meurtre de Mauranne, étudiante en médecine à Marseille, et Laura, qui était en école d’infirmières à Lyon. Mais les enquêteurs français n’ont à ce stade rien trouvé qui puisse relier l’assaillant à l’organisation jihadiste.
Activité interrompue, circulation bloquée
Les enquêteurs continuaient à sonder l’entourage d’Ahmed Hanachi, 29 ans, tentant notamment de savoir si des proches, dont cinq étaient toujours en garde à vue, lui ont apporté un soutien logistique.
Quatre hommes, âgés de 32 à 56 ans, et une femme de 35 ans, tous inconnus des services de renseignement, ont été interpellés mardi à Marseille dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet antiterroriste de Paris.
La police a mené plusieurs perquisitions à Marseille mardi, dont l’une dans un studio loué par Ahmed Hanachi où il a passé sa dernière nuit.
L’enquête a montré que plusieurs mandats avaient été envoyés à Ahmed Hanachi pour un montant total d’environ 2.000 euros. Mais les enquêteurs ne font à ce stade « aucun lien » entre cet argent, « perçu plusieurs mois avant la tuerie », et l’attaque, selon une source proche des investigations.
Rencontré par l’AFP en Tunisie près de Zarzouna, le père a estimé mercredi « impossible » que son fils soit lié à l’EI. Ses proches le décrivent comme paumé mais pas radicalisé.
Aux obsèques de deux jeunes filles, la colère pointait chez certains comme dans cet hommage d’une amie de la famille qui a dénoncé « le déchet déshumanisé qui s’est octroyé le droit de mort » sur les deux cousines.
« Puisons dans toute notre colère pour apporter un message d’amour et de paix à ce monde qui en a tant besoin », a déclaré la mère de Mauranne.
Dans un village où toute activité s’était interrompue et la circulation était bloquée, plusieurs centaines de personnes s’étaient massées sur les trottoirs devant l’église.
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