Attentat manqué de Munich : aucun signe avant-coureur, selon l’Autriche

L'enquête se poursuit autour de la tentative d'attentat d'un jeune Autrichien devant le consulat israélien à Munich ; des motifs islamistes et antisémites sont étudiés

Des officiers de police sécurisent la zone après une fusillade près du bâtiment du Centre de documentation sur l'histoire du national-socialisme (NS-Dokumentationszentrum, arrière-plan droit) à Munich, dans le sud de l'Allemagne, le 5 septembre 2024. La police allemande a déclaré avoir abattu un suspect dans le centre de Munich le 5 septembre, près du centre de documentation sur l'ère nazie et du consulat israélien, et a conseillé à la population de rester à l'écart de la zone. (Photo par LUKAS BARTH-TUTTAS / AFP)

Le jeune Autrichien tué jeudi alors qu’il s’apprêtait à commettre un attentat terroriste contre le consulat d’Israël à Munich, en Allemagne ne présentait pas de signes de dangerosité malgré des soupçons de radicalisation, selon les autorités autrichiennes.

Une « perquisition complète a eu lieu jeudi soir » à son domicile dans la région de Salzbourg et à ce stade, « aucune arme ou matériel de propagande du groupe Etat islamique (EI) » n’ont été découverts, a déclaré lors d’une conférence de presse vendredi à Vienne le directeur général de la Sécurité publique, Franz Ruf.

Des « supports de données » (appareils électroniques, clés USB, etc) ont cependant été saisis et sont en cours d’évaluation.

À ce stade, il n’y a « aucune information sur des déclarations de l’auteur, des messages ou autres » permettant de qualifier avec certitude ses motivations, a déclaré la procureure Gabriele Tilmann, du parquet de Munich, lors d’un point presse distinct en Allemagne.

Mais « l’hypothèse de travail est que l’auteur a agi pour des motifs islamistes et/ou antisémites », a-t-elle ajouté.

Malgré une interdiction de port d’arme en vigueur jusqu’en 2028, le jeune homme de 18 ans avait acquis mercredi, à la veille des faits, une « arme de catégorie C », une carabine de modèle ancien, équipée d’une baïonnette, ainsi qu’une « cinquantaine de cartouches ».

Ses « parents s’étaient présentés à la police jeudi matin pour signaler qu’il ne s’était pas rendu à son travail », a ajouté M. Ruf.

Leur fils, d’origine bosnienne, était en fait parti à Munich, où il a été tué par les forces de l’ordre après avoir tiré plusieurs coups de feu vers 09h00 en direction de policiers surveillant des bâtiments sensibles, dont le consulat général d’Israël.

Un individu courant au milieu de détonations de coups de feu à proximité de l’ambassade d’Israël, à Munich le 5 septembre 2024. (Crédit : Capture d’écran/X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Neuf coups de feu

Le suspect a tiré environ neuf coups de feu au total, dont deux sur le bâtiment du consulat israélien dont des vitres ont été touchées et deux ciblant un centre de documentation sur le nazisme situé à proximité, touchant la façade vitrée et la porte d’entrée, a précisé vendredi la police de Munich.

La police allemande a parlé d’un « attentat terroriste », perpétré le jour de la commémoration de la prise d’otage meurtrière d’athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de 1972.

Les portraits des victimes apparaissant à la fin d’une cérémonie marquant le 50e anniversaire de l’attaque des Jeux olympiques de Munich en 1972 sur la base aérienne de Fuerstenfeldbruck, dans le sud de l’Allemagne, le 5 septembre 2022. (Crédit : Thomas Kienzle/AFP)

Le tireur s’était fait remarquer par le passé à la suite d’altercations avec des camarades de classe ayant entraîné des blessures corporelles, selon le parquet de Salzbourg.

Les enquêteurs avaient découvert l’an dernier « trois vidéos » enregistrées en 2021 montrant des scènes d’un jeu « au contenu islamiste ».

Sur l’une d’elles, il avait utilisé « un avatar et un drapeau du Front Al-Nosra », un groupe jihadiste actif en Syrie, également connu sous le nom Hayat Tahrir al-Cham (HTS), a précisé M. Ruf.

Mais « l’enquête n’a pas permis d’établir que le prévenu transmettait les vidéos à d’autres personnes » et « de prouver l’intention de passer à l’acte », d’autant que le jeune homme ne fréquentait pas les milieux islamistes, ont expliqué les procureurs dans un communiqué.

La procédure avait été classée en avril 2023.

L’Allemagne est depuis des mois sur le qui-vive car elle s’estime « dans la ligne de mire des organisations jihadistes ». Un projet d’attentat qui visait les concerts de la star américaine Taylor Swift a aussi été déjoué à Vienne en Autriche, début août.

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