Attentat rue des Rosiers : L’Autorité palestinienne a extradé vers la France un suspect
Hicham Harb, superviseur présumé du commando de l'attentat contre le restaurant Jo Goldenberg, qui avait tué 6 personnes, aurait été arrêté par les forces de l'AP en septembre
L’Autorité palestinienne a extradé vers la France l’un des principaux suspects d’un attentat terroriste meurtrier qui a visé un restaurant juif à Paris en 1982, ont annoncé jeudi des médias arabes.
Cette fusillade terroriste, au cours de laquelle six personnes ont été tuées et 22 autres blessées, a représenté, à l’époque, l’attentat antisémite le plus meurtrier commis en France depuis la Seconde Guerre mondiale.
Mahmoud Khader Abed Adra, alias « Hicham Harb », est soupçonné d’avoir supervisé le commando responsable de la fusillade qui s’est déroulée dans le restaurant de Jo Goldenberg, situé rue des Rosiers dans le quartier parisien du Marais, historiquement juif. L’homme était sous le coup d’un mandat d’arrêt international depuis dix ans.
Selon certaines informations, en septembre dernier, Harb, qui est aujourd’hui âgé de 70 ans, aurait été arrêté par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne. Une information que celles-ci n’ont toutefois jamais confirmé officiellement.
D’après le journal qatari Al-Araby Al-Jadeed, la demande d’extradition de la France devait faire l’objet d’une audience jeudi, devant un tribunal palestinien de Ramallah.
Mais la famille de Harb a reçu un appel du chef de la police de Ramallah, qui l’a informée que celui-ci était en route pour la Jordanie, destination finale avant son extradition vers la France, selon le journal.
L’attentat avait débuté vers midi. Une grenade avait été lancée dans la salle à manger du restaurant parisien.
Les assaillants étaient ensuite entrés dans le restaurant, dans lequel se trouvaient une cinquantaine de clients, et avaient ouvert le feu, armés de mitrailleuses polonaises de type Wz-63. Dans leur fuite, ils avaient également tiré sur des passants.
En 2015, près de 33 ans après l’attentat, les autorités françaises ont déclaré que des mandats d’arrêt internationaux avaient été émis contre Harb et cinq autres suspects. Au mois de juillet, un juge français a ordonné leur renvoi devant le tribunal.
Le premier des accusés, Hazza Taha, a été arrêté l’année dernière à Paris. Un autre prévenu, Walid Abdulrahman Abu Zayed, âgé de 66 ans, qui avait émigré avec sa famille en Norvège, a été extradé vers la France en 2020.
Les six suspects de cet attentat terroriste seraient des membres du groupe terroriste Abou Nidal, du nom de son défunt chef, de sa véritable identité Sabri al-Banna.
Trois autres personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’attentat de 1982 seraient toujours en fuite.
Deux d’entre eux se seraient réfugiés dans les territoires palestiniens ou en Jordanie. Il s’agit de Nabil Hassan Mahmoud Othmane, alias Ibrahim Hamza, et de Nizar Tawfiq Moussa Hamada, également connu sous le nom de Hani. Un autre suspect, Mohamed Souhair al-Abassi, alias Amjad Atta, réside en Jordanie, pays qui refuse de l’extrader.
Le groupe a été accusé d’avoir perpétré près d’une vingtaine d’attentats qui ont fait au moins 275 morts. Parmi ceux-ci, les attaques perpétrées en 1985 contre les guichets de la compagnie aérienne El Al Israel Airlines aux aéroports de Rome et de Vienne, au cours desquelles 18 personnes ont perdu la vie.
Abou Nidal lui-même a été retrouvé mort en août 2002, dans son appartement de Bagdad. Selon les autorités irakiennes, il se serait suicidé.