Au Chili, la diplomatie israélienne en ordre de bataille contre le BDS estudiantin
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Au Chili, la diplomatie israélienne en ordre de bataille contre le BDS estudiantin

Lors de la venue récente du directeur de l'autorité israélienne des antiquités, le BDS a annoncé avoir empêché la tenue de conférences, pourtant relayées sur les réseaux sociaux par l'ambassade d'Israël

Joe Uziel, directeur de l’autorité des antiquités israéliennes à l'Université catholique du Chili le 5 juin 2017, entouré du doyen et des directeurs du département d’anthropologie (Crédit: Facebook Ambassade Israël  au Chili)
Joe Uziel, directeur de l’autorité des antiquités israéliennes à l'Université catholique du Chili le 5 juin 2017, entouré du doyen et des directeurs du département d’anthropologie (Crédit: Facebook Ambassade Israël au Chili)

Plusieurs comités étudiants d’universités chiliennes se veulent aux avant-postes du boycott d’Israël au Chili.

Le 8 juin dernier, certains d’entre eux ont affirmé être parvenus à faire annuler les conférences du docteur israélien en archéologie Joe Uziel, directeur de l’autorité des antiquités israéliennes (AAI).

Elles devaient se tenir le 5 juin, au département d’anthropologie de l’université Hurtado ainsi qu’à la faculté des sciences sociales de l’université du Chili, selon le BDS local.

Cependant, l’ambassade d’Israël au Chili postait le 9 juin une photo de Joe Uziel entouré du doyen de la faculté de sciences sociales et des directeurs du département d’anthropologie.

Elle annonçait par la même voie que le directeur de l’AAI avait donné plusieurs conférences à l’université des Andes, et à l’université catholique du Chili, supposée, dans ce dernier établissement avoir été empêchée par le BDS local.

https://www.facebook.com/IsraelinChile/photos/a.156060777783752.33612.109160019140495/1510051135718036/?type=3&theater

Comme une réplique, le 14 juin, l’ambassade annonçait, cette fois sur son compte Twitter, que le « recteur de l’université catholique du Chili et l’ambassadeur s’étaient accordés sur un agenda de travail conjoint » comprenant un renforcement de la coopération universitaire.

Entre les pressions du BDS, et l’effort diplomatique de l’ambassade, la bataille autour d’Israël fait rage.

Déjà en mai dernier, l’Union des étudiants de la faculté de droit de l’Université du Chili avait voté une résolution interdisant toute interaction académique avec l’Etat d’Israël et ses citoyens.

Le Centre Simon Wiesenthal avait alors appelé le recteur de l’Université, Ennio Vivaldi Vejar, afin que celui-ci annule la résolution dite « plus proche de l’Inquisition que d’une institution qui prétend lutter contre la discrimination et encourager le dialogue international. »

« Un boycott accusant faussement l’Etat d’Israël d’apartheid pratique lui-même un apartheid contre Israël et ses partisans juifs et non-juifs », a déclaré le Dr Ariel Gelblung, représentant latino-américain du Centre.

« Le maintien de cette résolution présage la fermeture de liens académiques au gré des préjugés individuels ou collectifs basés sur la nationalité, la race, la religion ou le sexe – une situation impensable pour tous les campus et particulièrement pour une faculté de droit. »

Les étudiants ont voté à propos de deux questions. Lorsqu’on leur a demandé si les étudiants souhaitaient interdire « les activités impliquant la participation de fonctionnaires de l’Etat d’Israël ou financées par l’ambassade d’Israël à la faculté de droit, » 515 étudiants, soit 56,3 % d’entre eux ont voté oui, et 399 ou 43,6 % d’entre eux ont voté non.

A la question : « Etes-vous d’accord avec le fait que l’Université du Chili ne devrait pas maintenir des liens institutionnels avec les universités israéliennes qui contribuent directement à la violation des droits de l’Homme du peuple palestinien, » 582 étudiants, soit 64 % ont voté oui, et 327 étudiants, soit 36 % ont voté non.

La Fédération palestinienne du Chili a célébré les résultats du vote, le qualifiant de protestation des étudiants en droit contre « l’apartheid israélien ».

La communauté palestinienne au Chili est considérée comme la plus importante en dehors du Moyen-Orient. Au moins 300 000 Chiliens sont d’origine palestinienne, selon les rapports. Environ 15 000 Juifs vivent au Chili.

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