Au Parti socialiste, des appels à rompre avec La France insoumise après la mort de Quentin Deranque
'On est arrivé à quelque chose d’insupportable, qui se cumule avec le pogrom du 7 octobre, les atermoiements sur le Hamas', a déclaré Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat
Au Parti socialiste, les appels à rompre avec La France insoumise se multiplient après la mort à Lyon de Quentin Deranque, militant de la mouvance nationaliste, dans un lynchage pour lequel deux collaborateurs du député insoumis Raphaël Arnault ont été mis en cause. À ce stade, le parquet n’a cependant pas établi de lien entre LFI et les faits, menés a priori par des anciens membres du groupe d’extrême gauche la Jeune garde, officiellement dissous l’année dernière et anciennement allié des différents partis de gauche, dont LFI.
Mais si LFI n’est pas directement accusé par l’enquête, l’affaire a relancé les débats à gauche sur la proximité et les alliances qu’il est possible d’établir avec le parti d’extrême gauche. Plusieurs responsables socialistes, dont l’ancien président François Hollande, excluent ainsi désormais toute alliance électorale avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Le président du groupe PS au Sénat, Patrick Kanner, appelle lui aussi à une rupture nette et à l’interdiction de tout accord local avec les insoumis.
« Ça suffit », a déclaré le sénateur auprès de la chaîne parlementaire Public Sénat. « Pour moi, c’est un combat frontal. Je combats l’extrême droite, je combats l’extrême gauche. Je ne les mets pas au même niveau au plan idéologique, par définition, mais on est arrivé à quelque chose d’insupportable, qui se cumule avec le pogrom du 7 octobre, les atermoiements sur le Hamas. »
« Raphaël Arnaud doit prendre ses responsabilités et démissionner du Parlement. Que ce personnage, fiché S, ait pu être présenté aux législatives par LFI, c’est une faute politique. Je considère, comme François Hollande, qu’on n’a plus rien à faire avec LFI. C’est un mouvement d’extrême gauche », a-t-il ajouté.
Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, plus prudent, demande lui à LFI de lever « toute ambiguïté » vis-à-vis des violences et évoque une « hooliganisation de la politique », sans fermer la porte à des accords locaux au cas par cas pour les municipales.
Alors que l’enquête judiciaire se poursuit, l’affaire accentue ainsi largement les fractures internes de la gauche française, rendant de plus en plus improbable la reconstitution d’une alliance nationale entre socialistes et insoumis lors de prochains scrutins, notamment lors des municipales de mars.