Autriche : enquête après une agression, un ex-collaborateur du FPÖ parmi les suspects
L'enquête porte sur des soupçons d'activités néonazies, interdites en Autriche, ainsi que sur des faits présumés de violences aggravées
Le parquet de Leoben, dans l’est de l’Autriche, a ouvert une enquête après l’agression d’un chauffeur de taxi attribuée à des membres d’une corporation étudiante d’extrême droite, parmi lesquels figure un ancien collaborateur parlementaire d’un député du parti d’extrême droite FPÖ.
« Une enquête a été ouverte à la suite de l’agression qui a eu lieu le 20 juin à Leoben », a déclaré lundi à l’AFP la procureure Anika Maierhofer.
L’enquête porte sur des soupçons d’activités néonazies, interdites en Autriche, ainsi que sur des faits présumés de violences aggravées.
Selon les médias autrichiens, le chauffeur de taxi a refusé de transporter trois personnes en marge d’un rassemblement après qu’elles avaient proféré des slogans nazis, dont un « Heil Hitler ».
Alors qu’il avait contacté les services d’urgence et voulu empêcher les passagers de fuir afin de permettre à la police de les identifier, ils l’auraient frappé, l’un d’eux l’étranglant et le jetant au sol.
Selon un témoin, un ancien collaborateur d’un député du FPÖ a participé à l’agression, d’après l’agence de presse APA.
Du 19 au 21 juin, des centaines de membres de corporations d’Autriche et d’Allemagne ont participé au 40e anniversaire de la corporation estudiantine d’extrême droite Burschenschaft Leder.
L’incident a suscité de nombreuses réactions politiques.
Ce n’est pas « un incident isolé mais le dernier coup de projecteur sur un milieu qui s’étend depuis longtemps jusque dans les sphères politiques » proches du FPÖ, a dénoncé dans un communiqué le chef du groupe parlementaire conservateur ÖVP au pouvoir, Ernst Gödl.
« Le FPÖ doit maintenant fournir d’urgence des explications et agir », a demandé Lukas Hammer, le porte-parole des Verts, dans un communiqué diffusé dimanche, estimant que s’il « n’est toujours pas capable de se distancier des Identitaires d’extrême droite (…), c’est totalement inacceptable pour un parti représenté au Parlement ».
La porte-parole du FPÖ Lisa Schuch-Gubik a quant à elle appelé à ce que toute la lumière soit faite sur l’incident, ajoutant que « c’est à la justice d’agir ».
« Quiconque enfreint les lois doit en subir les conséquences, cela vaut bien sûr aussi pour l’ancien collaborateur parlementaire d’un député FPÖ », a-t-elle écrit dans un communiqué, affirmant que « le FPÖ n’a absolument rien à voir avec les incidents survenus ».
Le FPÖ, fondé par d’anciens nazis, avait remporté les législatives en 2024 sans parvenir à former un gouvernement.