Aux côtés de Rubio, Netanyahu salue l’attaque au Qatar, qui a envoyé un « message »

Le Premier ministre semble reconnaître que les dirigeants du Hamas ont échappé à l'attaque de la semaine dernière ; le secrétaire d'État américain indique que Trump souhaite passer outre cet incident et déclare que le Hamas doit être « éliminé »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) s'exprime aux côtés du secrétaire d'État américain Marco Rubio au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 15 septembre 2025. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Aux côtés du secrétaire d’État américain Marco Rubio, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a semblé reconnaître lundi qu’Israël n’avait pas réussi à éliminer les dirigeants du Hamas lors de son attaque au Qatar la semaine dernière, tout en présentant le résultat de cette frappe sous un jour positif.

« Elle n’a pas échoué, car elle avait un message central et nous l’avons pris en considération avant de la lancer, à savoir que vous pouvez vous cacher, vous pouvez fuir, mais nous vous attraperons », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Jérusalem.

Mardi dernier, Israël a pris pour cible les dirigeants du Hamas lors de frappes dans la capitale qatarienne qui auraient tué cinq membres du groupe terroriste et un agent de sécurité qatari. Les responsables de la sécurité israéliens estiment désormais que l’attaque n’a pas permis d’éliminer les hauts responsables du Hamas.

Cette frappe a suscité la colère des gouvernements arabes, y compris ceux qui entretiennent des relations diplomatiques avec Israël. Lundi, les dirigeants des États arabes et islamiques ont critiqué Israël lors d’une réunion d’urgence à Doha à la suite de l’attaque.

Le président américain Donald Trump a également exprimé son mécontentement, tout en modérant ses déclarations publiques. Il a déclaré dimanche aux journalistes qu’Israël devait être « très, très prudent » dans sa manière de traiter le Qatar, qu’il a qualifié de « grand allié ».

Trump a tenu des propos similaires peu après l’attaque, lorsqu’il a publié sur les réseaux sociaux que cette frappe « ne servait pas les objectifs d’Israël ou des États-Unis », tout en affirmant que l’élimination du Hamas était un « objectif louable ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 15 septembre 2025. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Dans un geste visant apparemment à réduire les retombées négatives pour Washington à la suite de la frappe, Netanyahu a souligné lors de la conférence de presse de lundi que la décision d’Israël d’agir contre le Hamas au Qatar était une « décision totalement indépendante ».

« Nous en assumons l’entière responsabilité parce que nous croyons que les terroristes ne doivent pas bénéficier d’un refuge et que les personnes qui ont planifié le pire massacre du peuple juif depuis la Shoah ne peuvent pas bénéficier d’une immunité », a déclaré Netanyahu. « Nous l’avons fait de notre propre chef. Point. »

Rubio a également cherché à dépasser tout désaccord public avec Israël au sujet de la frappe, déclarant que Washington « est désormais concentré sur la suite des événements. »

Dans le même temps, Netanyahu a exprimé un sentiment qui pourrait être interprété comme une réprimande implicite à l’égard des critiques américaines concernant l’attaque, dénonçant « l’immense cynisme et l’hypocrisie » de ceux qui ont attaqué Israël à propos de cette frappe.

Netanyahu a rappelé la résolution 1373 de l’ONU, ratifiée après les attentats du 11 septembre, qui stipule qu’aucun pays ne peut héberger ou offrir un refuge aux terroristes.

Il a comparé cette frappe à l’action de l’armée américaine « très audacieuse » après le 11 septembre 2001, avec sa guerre contre al-Qaïda en Afghanistan et le raid de 2011 au Pakistan qui a tué le cerveau de l’attaque, Oussama ben Laden.

« Les pays qui condamnent aujourd’hui Israël ne sont pas venus dire: ‘quelle chose terrible, la souveraineté du Pakistan a été violée, la souveraineté de l’Afghanistan a été violée' », a affirmé M. Netanyahu.

« On n’a pas une telle souveraineté lorsqu’on donne, dans les faits, une base aux terroristes », a-t-il ajouté.

Rubio se rendra au Qatar mardi, a rapporté le Washington Post, citant deux sources américaines.

Rubio s’est entretenu en tête-à-tête avec Netanyahu pendant environ une heure et demie avant une réunion élargie avec des collaborateurs.

Il a également rencontré lundi le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar et le président Isaac Herzog.

Le président israélien Isaac Herzog (à droite) et le secrétaire d’État américain Marco Rubio se rencontrent à la résidence présidentielle Beit Hanassi à Jérusalem, le 15 septembre 2025. (Crédit : Nathan Howard / POOL / AFP)

A Gaza, une opération « concise »

La visite de Rubio intervient alors qu’Israël se prépare à lancer son offensive annoncée contre Gaza-City. Lundi, les forces israéliennes ont continué à détruire des immeubles dans le nord de la métropole gazaouie.

Des flammes s’échappent d’un bâtiment à la suite d’une frappe militaire israélienne à Gaza, le 14 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Yousef Al Zanoun)

Ces derniers jours, l’armée israélienne a ordonné aux Palestiniens de tous les quartiers de Gaza-City de se rendre dans la « zone humanitaire » désignée par Israël dans le sud de la bande de Gaza, avant le lancement d’une offensive majeure contre le Hamas. Sur le million de Palestiniens qui se trouvaient dans la ville de Gaza, plus de 320 000 ont été évacués, selon les estimations de l’armée israélienne.

Avant son voyage, Rubio a déclaré qu’il s’entretiendrait avec Netanyahu au sujet des plans militaires israéliens visant à s’emparer de Gaza-City, le plus grand centre urbain de ce territoire dévasté, ainsi que des discussions du gouvernement concernant l’annexion de certaines parties de la Cisjordanie dans l’espoir d’empêcher la création d’un État palestinien.

Rubio avait précédemment déclaré que Trump souhaitait que la guerre à Gaza « prenne fin », ce qui signifierait la libération des otages et la garantie que le Hamas « ne soit plus une menace ».

Mais aux côtés de Netanyahu, il a affiché un soutien ferme à Israël, déclarant que le « résultat idéal » serait que le Hamas se rende purement et simplement, mais que « cela pourrait finalement nécessiter une opération militaire concise pour l’éliminer ».

« Même si nous souhaitons qu’il existe une solution diplomatique pacifique pour mettre fin à ce conflit, et nous continuerons à explorer cette voie et à nous y consacrer, nous devons également nous préparer à la possibilité que cela ne se produise pas », a déclaré Rubio.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre israélien au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 15 septembre 2025. (Crédit : Nathan Howard / POOL / AFP)ru

« Tous les otages, vivants ou décédés, doivent être immédiatement rapatriés », a déclaré Rubio, et le Hamas « ne peut plus continuer à exister en tant qu’élément armé qui menace la paix et la sécurité, non seulement d’Israël, mais du monde entier ».

« Les habitants de Gaza méritent un avenir meilleur, mais cet avenir meilleur ne pourra commencer que lorsque le Hamas sera éliminé », a déclaré Rubio après sa rencontre à Jérusalem avec Netanyahu.

« Vous pouvez compter sur notre soutien indéfectible et notre engagement à voir cela se concrétiser », a ajouté le secrétaire d’Etat.

Rubio a également affirmé que le Hamas avait été encouragé par les démarches de la France, du Royaume-Uni et d’autres pays visant à reconnaître un Etat palestinien.

« Elles sont en grande partie symboliques — elles n’ont vraiment aucun impact pour nous rapprocher d’un Etat palestinien. Le seul effet qu’elles produisent réellement, c’est de rendre le Hamas plus enhardi », a déclaré le secrétaire d’Etat.

« Cela constitue en réalité un obstacle à la paix » et « nuit en réalité à la cause qu’ils pensent faire avancer », a-t-il ajouté.

Le secrétaire d’Etat américain a précisé qu’il continuerait à soulever ces questions directement auprès des alliés des Etats-Unis, en réponse à une question sur le message qu’il adresserait au Royaume-Uni, où il doit se rendre mardi avec le président Donald Trump.

M. Rubio a affirmé que, par le passé, le Hamas avait déjà pris ses distances par rapport à des accords « auxquels il avait en réalité tacitement consenti », en fonction du « soutien international qu’il croit recevoir. »

Au sujet de l’Iran, il promis à Israël de maintenir une « pression maximale » sur l’Iran afin de l’empêcher de développer une arme nucléaire, à la suite de la guerre entre Israël et l’Iran en juin.

« Un Iran nucléaire dirigé par un ecclésiastique chiite radical, qui, non seulement, possède potentiellement des armes nucléaires, mais aussi les missiles capables de les transporter à longue distance, représente un risque inacceptable, non seulement pour Israël, pas seulement pour les Etats-Unis, mais pour le monde entier », a déclaré Rubio.

« Le président poursuit une campagne de pression maximale », a poursuivi Rubio aux journalistes, ajoutant qu’il « y aura toujours une pression économique maximale sur l’Iran jusqu’à ce qu’ils changent de cap. »

M. Netanyahu, qui insiste depuis longtemps sur la menace nucléaire représentée par l’Iran, avait lancé en juin une campagne militaire de 12 jours contre des sites nucléaires et militaires conventionnels, tuant notamment des scientifiques du programme nucléaire iranien.

Cette offensive a été lancée au moment où les Etats-Unis étaient engagés dans des pourparlers indirects avec l’Iran, qui avaient alors été interrompus. Sur ordre du président Donald Trump, les forces américaines avaient bombardé le 22 juin le site souterrain d’enrichissement d’uranium de Fordo, au sud de Téhéran, et des installations nucléaires à Ispahan et Natanz, dans le centre de l’Iran.

« La décision du président Trump de cibler les installations nucléaires iraniennes n’a pas seulement été une action militairement sage », a déclaré M. Netanyahu.

« C’était aussi un message à l’ensemble du monde que les Etats-Unis agissent pour défendre leurs intérêts et protéger leurs alliés, et l’Amérique n’a pas de meilleur allié qu’Israël », a-t-il ajouté.

L’AFP a contribué à cet article.

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