Avec Sipur, Shari Redstone parlera avec sincérité d’Israël
Selon la milliardaire du monde des médias, le documentaire sur le massacre au festival Nova lui a fait prendre conscience que la société israélienne Sipur et sa fondation contre l'antisémitisme étaient en phase
NEW YORK — La retraite de Shari Redstone du monde des médias aura finalement été brève.
Moins d’un mois après la vente de ses parts dans Paramount Global, Redstone a été, en septembre, nommée présidente de la société israélienne de divertissement Sipur, dont les projets correspondent à sa passion pour des histoires qui parlent avec sincérité d’Israël.
« Il existe tout un pan de la vie d’Israël que les gens ignorent », a déclaré Redstone, mercredi dernier, à l’occasion de la conférence NEXT de Reuters, à New York.
« Mon père disait toujours : ‘Le plus important, c’est que les gens soient satisfaits.’ Pour ma part, je dis toujours que ce que nous faisons permet de lancer des conversations qui mènent au changement. »
Le père de Redstone, le milliardaire et magnat des médias Sumner Redstone, est décédé en 2020 à l’âge de 97 ans.
Selon Shari Redstone, le studio Sipur l’a contactée la première fois « pour mettre la dernière main » au financement de son documentaire « We Will Dance Again », consacré à l’attaque du Hamas menée lors du Festival Nova, dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.
Des milliers de jeunes faisaient la fête, en cette aube du 7 octobre 2023, lorsque des terroristes armés du Hamas ont fait irruption et abattu, assommé ou brûlé vifs 360 personnes, sans oublier les nombreuses agressions sexuelles.
Cette attaque, qui faisait partie de l’opération menée par le Hamas dans le sud d’Israël qui a fait 1 200 morts, essentiellement des civils, a déclenché la guerre de Gaza dans le but d’éliminer le Hamas.
En octobre dernier, un cessez-le-feu négocié par les États-Unis a mis fin, pour l’essentiel, aux combats.
Le documentaire a remporté le prix du Meilleur documentaire d’actualité aux 46e Emmy Awards en juin de cette année.
C’est précisément grâce à sa participation à ce projet que Redstone a pris conscience que la ligne du studio rejoignait les initiatives philanthropiques de la Redstone Family Foundation, engagée dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme par l’éducation.
Adossé à la fertile communauté créative israélienne, Sipur a produit des films et des séries télé très profondes, comme la série Netflix « Bad Boy » ou la comédie romantique israélienne, « Noa », avec les stars Noa Kirel et Agustin Bernasconi.
La société, dont le nom signifie « histoire » en hébreu, a développé un modèle économique qui lui permet de produire des émissions avec des budgets modestes, financés grâce à des partenariats étrangers.
« Même si certaines personnes disent vouloir boycotter les productions [israéliennes], je suis persuadée que ce sont justement ces dernières qui rendent le débat possible », conclut Redstone. « Elles peuvent rassembler les gens. »
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