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Avec « Transatlantique », Netflix rend justice au réseau Varian Fry

La série retrace l'histoire méconnue du Schindler américain qui a aidé 2 000 personnes, dont Marc Chagall et Hannah Arendt, à fuir la France occupée du début des années 1940

Capture d'écran de la série Netflix "Transatlantique".
Capture d'écran de la série Netflix "Transatlantique".

Tournée à Marseille, la série « Transatlantique » retrace l’histoire méconnue du réseau de Varian Fry, le Schindler américain qui a aidé 2 000 personnes, dont Marc Chagall, André Breton, Max Ernst ou Hannah Arendt à fuir la France occupée du début des années 1940.

Mary Jayne Gold, Albert Hirschman… Ces héros qui, plus encore que Varian Fry, ne disent rien au grand public, devraient également sortir de l’anonymat à la faveur de la puissance de frappe mondiale de Netflix.

La plateforme américaine diffusera à partir du 7 avril la dernière série d’Anna Winger (« Unorthodox« ), projetée vendredi à Lille en clôture du festival Séries Mania.

Inspiré d’un roman de Julie Orringer, The Flight Portfolio (pas encore traduit en France) « Transatlantique » retrace l’histoire de l’Emergency Rescue Committee (Comité de secours d’urgence) géré par le journaliste Varian Fry (joué par Cory Michael Smith), débarqué dans la cité phocéenne à 32 ans avec 3 000 dollars en poche et une liste de 200 Juifs, artistes ou intellectuels à sauver des nazis en un mois.

Il ira bien au-delà en une année, aidé notamment d’une jeune héritière de Chicago et d’un résistant juif allemand.

C’est en assistant à l’afflux de réfugiés syriens en 2015 en Allemagne, où elle réside, qu’Anna Winger s’est remémorée de cette histoire, explique-t-elle à l’AFP.

Varian Fry (photo credit: Courtesy, US Holocaust Museum)
Varian Fry (photo credit: Courtesy, US Holocaust Museum)

« Il y avait diverses personnes dans l’entourage de ma famille qui avaient été aidées par Fry, mes parents étaient des universitaires et donc on a toujours entendu parler des gens qui ont fui l’Europe dans les années 1940 et sont venus en Amérique », relate-t-elle.

« Le fait que des réfugiés aient dû quitter Berlin dans les années 1930-40 et que beaucoup de gens viennent » désormais « y chercher refuge m’a paru vraiment poétique et intéressant, comme si la boucle était bouclée ».

Histoire positive

Malgré la gravité du propos, la série dégage beaucoup de lumière, et pas uniquement parce qu’elle se situe dans le sud de la France : les artistes et intellectuels aidés par Varian Fry et ses troupes ont vécu dans la villa Air-Bel, dans une ambiance joyeuse et fantasque. Cela est aussi lié à la jeunesse de ces héros ordinaires, campés par un casting international.

Les gens qui ont travaillé pour le comité de secours d’urgence assurent avoir vécu une « expérience inoubliable », souligne Anna Winger, s’appuyant sur les archives de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Il y avait pour eux « quelque chose de dangereux, de courageux et d’excitant, un peu d’aventure », analyse la scénariste américaine, attirée par cette « histoire positive » dans l’obscurité de la Seconde guerre mondiale.

« Ce sont ces moments de lumière qui nous inspirent et nous permettent d’aller de l’avant », estime la créatrice, réfutant toutefois la comparaison avec l’histoire d’Oskar Schindler, immortalisé par Steven Spielberg.

Oskar Schindler a participé à la préparation de l’attaque commando contre l’émetteur radio de Gleiwitz qui a précédé l’invasion allemande de la Pologne, le 1er septembre 1939. (Domaine public)

« J’adore ‘La Liste de Schindler’ mais c’est une histoire d’un genre différent », notamment parce que dans « Transatlantique », « certaines des personnes impliquées étaient elle-mêmes des réfugiés ». C’est une sorte de « coopération internationale » et pas « un seul homme qui décide d’en sauver d’autres ».

Cette série « prend position concernant les aspects positives des migrations transnationales », confirme-t-elle, d’autant plus que l’invasion de l’Ukraine a éclaté trois jours après le début du tournage.

« C’était surréaliste, nous filmions des réfugiés en train de traverser les Pyrénées et voyions au même moment des gens alignés dans leurs voitures à la frontière polonaise ».

Expulsé en septembre 1941 par les autorités de Vichy, Varian Fry a reçu la Légion d’honneur en France en 1967. Il est mort la même année dans l’indifférence aux Etats-Unis.

Il a été honoré en 1996 par Israël du titre de Juste.

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