Badr Abdelatty : la guerre à Gaza va s’intensifier si le Hamas refuse le plan américain

Le ministre égyptien des Affaires étrangères a fait valoir que le plan du président américain est 'très lacunaire'

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, s'adressant à la 80ᵉ session de l'Assemblée générale des Nations unies, au siège de l'ONU, le 27 septembre 2025. (Crédit : Pamela Smith/AP)

Le Hamas « n’a aucun rôle » dans l’avenir de Gaza, a affirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères égyptien, Badr Abdelatty, dont le pays joue le rôle de médiateur dans la guerre entre Israël et le groupe terroriste islamiste palestinien.

« Il y a un accord total entre nous, en tant qu’Arabes, en tant que musulmans, et même parmi les membres du Hamas eux-mêmes. Ils comprennent très bien qu’ils n’ont aucun rôle pour le lendemain, et c’est un fait », a-t-il déclaré lors d’une conférence organisée à Paris par l’Institut français des relations internationales (Ifri).

Le Hamas doit toujours donner sa réponse au plan de Donald Trump pour mettre fin au conflit. Celui-ci a été approuvé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et est soutenu par les pays arabes, au premier rang desquels les médiateurs qatarien et égyptien.

Il prévoit un cessez-le-feu, la libération dans les 72 heures des otages retenus à Gaza, le désarmement du groupe terroriste palestinien, un retrait israélien progressif du territoire et la mise en place d’une autorité de transition chapeautée par M. Trump, un allié d’Israël.

« Ne donnons aucune excuse à une partie d’utiliser le Hamas comme prétexte pour ces meurtres quotidiens insensés de civils », a exhorté M. Abdelatty: « Ce qui se passe, va bien au-delà du 7 octobre, cela va bien au-delà de la vengeance. C’est un nettoyage ethnique et un génocide en cours. Alors ça suffit ».

La Défense civile de la bande de Gaza et des établissements de santé du territoire palestinien ont fait état d’au moins 52 personnes tuées jeudi dans le cadre de l’offensive de l’armée israélienne à travers la bande de Gaza, dont un employé de Médecins sans frontières (MSF).

Selon le ministre égyptien, « pour Israël, il est important de vivre en paix et d’être pleinement intégré dans la région ».

« Et nous sommes plus que prêts. Tout le monde, les Saoudiens, tout le monde est prêt pour une normalisation à part entière », a-t-il affirmé, jugeant qu' »un État palestinien démilitarisé, vivant en paix avec Israël » constituait « la seule réponse pour l’avenir ».

« Vous savez, si le Hamas refuse, alors ce sera très difficile. Et évidemment, les choses vont empirer. C’est pourquoi nous faisons tant d’efforts pour que ce plan soit applicable et obtenir l’approbation du Hamas », a-t-il déclaré.

Abdelatty a ajouté que s’il soutenait fortement la proposition de Trump pour Gaza, d’autres discussions seraient nécessaires.

« C’est très lacunaire, nous avons besoin de davantage de réunions autour de sa mise en œuvre, et notamment au sujet de deux questions importantes : la gouvernance et les accords de sécurité », a-t-il précisé. « Nous sommes favorables au plan Trump et à son idée pour mettre fin à la guerre : nous devons continuer dans cette voie. »

Interrogé sur le risque que le plan Trump conduise à des déplacements forcés de Palestiniens, il a répondu que l’Égypte ne laisserait pas faire.

« Il n’y aura pas de déplacement, il n’y en aura pas parce que tout déplacement signerait la fin de la cause palestinienne », a-t-il ajouté. « Nous ne le laisserons jamais faire. »

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