Baharav-Miara : Les Haredim représentent 80 % des réfractaires, le gouvernement doit sévir

Le député Moshe Gafni s'est insurgé contre l'appel « insolent » de la procureure générale en faveur du renforcement de la répression à l'encontre des réfractaires

Des hommes ultra-orthodoxes affrontant la police lors d'une manifestation contre le service militaire, à Bnei Brak, le 8 août 2026. (Crédit: Avshalom Sassoni/Flash90)

Les Israéliens ultra-orthodoxes représentent plus de 80 % de l’ensemble des réfractaires au service militaire du pays, a fait savoir le bureau de la procureure-générale dans la journée de mardi – et ce malgré une augmentation du nombre de conscrits haredim qui s’enrôlent au sein de Tsahal.

Le bureau a appelé l’État à renforcer l’application des ordres de conscription, notamment en procédant à l’arrestation des réfractaires au service.

Dans un communiqué qui résumait une discussion consacrée au sujet qui a eu lieu en présence de responsables militaires, juridiques et de policiers, le bureau de la procureure générale Gali Baharav-Miara a estimé que « le phénomène de l’insoumission reste très répandu », même si le renforcement des contrôles, les sanctions et la mise en place de parcours de service spéciaux destinés aux ultra-orthodoxes ont favorisé la conscription.

Selon les données qui ont été diffusées par le bureau de Baharav-Miara, environ 50 000 des 60 000 personnes déclarées comme réfractaires au service militaire par l’armée israélienne, l’année dernière, étaient issues de la communauté ultra-orthodoxe – ce qui représente un peu plus de 83 % du total – alors que les Haredim ne représentent qu’environ 14 % de la population.

Si la grande majorité des insoumis appartiennent à cette communauté, le bureau de la procureure – générale a noté que seules 34 des 348 mises en accusation pour insoumission déposées depuis le début de l’année visaient des Haredim, soit un peu moins de 10 % du total.

« Afin de continuer à réduire le phénomène de l’insoumission et de répondre au besoin urgent, en matière de sécurité, de renforcer l’armée, il est nécessaire d’élargir dès que possible l’éventail des mesures coercitives économiques à l’encontre des individus – et l’armée, avec l’aide de la police, doit également recommencer à mener des opérations proactives et elle doit procéder à des arrestations contre les réfractaires au service militaire dans tous les segments de la population », a ajouté le communiqué émis par le bureau.

La procureure générale Gali Baharav-Miara assistant à une réunion de commission de la Knesset, à Jérusalem, le 9 juin 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En réponse à ce communiqué, Moshe Gafni, député haredi et président de la faction Degel HaTorah – qui appartient à la formation politique Yahadout HaTorah – a dit que la procureure générale n’avait pas le pouvoir d’imposer des restrictions aux étudiants en yeshiva.

« Les étudiants en yeshiva continueront à étudier assidûment leur Talmud, et rien ne les en empêchera », a-t-il dit.

« Pas même une procureure générale que le gouvernement a décidé de démettre de ses fonctions, et qui continue d’intervenir sur des questions pour lesquelles elle n’a aucune compétence », a ajouté Gafni, faisant référence aux tentatives infructueuses de la coalition qui cherche à limoger Baharav-Miara.

Gafni a en outre estimé que la procureure-générale était « effrontée, corrompue et qu’elle agissait en violation de la loi ».

La faction Degel HaTorah compte parmi les opposants les plus farouches aux mesures visant à enrôler les hommes haredim. Elle a été à l’origine de manifestations de masse contre le recrutement militaire des ultra-orthodoxes.

Le député Moshe Gafni assistant à une réunion de la commission des Finances de la Knesset, à Jérusalem, le 29 avril 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Au mois d’avril dernier, la Haute Cour de justice avait ordonné au gouvernement d’expliquer pourquoi il n’avait pas émis suffisamment d’ordres de conscription à l’intention des étudiants en yeshiva pour répondre aux besoins de l’armée israélienne, et pourquoi il n’avait pas fait appliquer les ordres qu’il avait émis.

La police avait ensuite annoncé – c’était au mois de mai – que de nouvelles consignes avaient été données aux agents afin qu’ils placent en garde à vue les réfractaires, en attendant que la police militaire vienne les chercher.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son parti, le Likud, ont récemment contribué à faire adopter deux lois déclarant l’étude de la Torah « valeur fondamentale » du peuple juif et empêchant l’arrestation des réfractaires haredim (cette dernière mesure a depuis été suspendue par la Haute Cour). Netanyahu a par la suite tenté de prendre ses distances par rapport à cette initiative visant à exempter les étudiants en yeshiva de la conscription militaire.

read more: