« Beaucoup de preuves » des crimes d’Assad en Syrie

Les nouvelles autorités syriennes semblent 'chercher à garantir la préservation des preuves pour l'avenir', selon l'ONU

Une affiche déchirée montrant le défunt président syrien Hafez Assad et son fils le dictateur syrien déchu Bashar el-Assad, qui ont été placés à l'entrée du célèbre centre de détention de sécurité appelé Palestine Branch, à Damas, en Syrie, le 14 décembre 2024. (Crédit : Hussein Malla/AP)

En dépit de la destruction de documents et d’autres indices sur les crimes commis en Syrie sous le régime de Bachar al-Assad, les enquêteurs de l’ONU ont souligné vendredi que « beaucoup de preuves » restaient intactes.

« On a trouvé dans le pays beaucoup de preuves, et nous n’éprouverons pas de très grande difficulté à obtenir que soit rendue justice », a dit Hanny Megally, membre de la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie.

La chute soudaine du tyran Bachar al-Assad le mois dernier après des décennies de dictature a permis à la commission d’obtenir un accès au pays, alors qu’elle s’efforçait depuis le début de la guerre civile en 2011 d’enquêter à distance sur ces crimes.

« Cela a été fascinant d’être à Damas, alors que la Commission était restée depuis le début privée d’accès au pays », a ajouté M. Megally devant l’association des correspondants accrédités Acanu, après une récente visite en Syrie.

Décrivant ses visites de prisons à Damas, il a reconnu que « beaucoup de preuves » ont été « abîmées ou détruites » depuis que la population s’est ruée vers les prisons et centres de détention après la chute de Bachar al-Assad.

La tristement célèbre prison de Saydnaya, lieu d’exécutions extrajudiciaires et de tortures qui symbolise les atrocités commises contre les opposants au régime, « est pratiquement vidée de tous documents », a encore déclaré le membre de la Commission d’enquête.

M. Megally a souligné qu’il y avait des signes évidents de « destruction délibérée des preuves », probablement par des proches d’Assad avant leur fuite, citant notamment deux lieux où avaient manifestement été brûlés des documents.

Mais il a estimé que l’Etat syrien sous Assad était un « système qui gardait probablement des doubles de tout, ce qui fait que si des preuves ont été détruites, elles existent à un autre endroit ».

D’autres bâtiments recèlent de nombreuses preuves, a-t-il ajouté.

« Il semble qu’il y ait beaucoup de preuves qui sont maintenant à l’abri, et qui pourront, nous l’espérons, être utilisées à l’avenir » pour que justice soit rendue, a-t-il conclu.

Sa collègue Lynn Welchman a estimé que les nouvelles autorités syriennes semblaient « chercher à garantir la préservation des preuves pour l’avenir ».

« L’une des choses les plus importantes pour l’avenir sera de garantir que ce qui s’est passé en Syrie ne s’y reproduise plus jamais », a-t-elle jugé. « Il y a beaucoup de travail à faire pour essayer d’en savoir plus sur ce qui s’est passé, afin que toutes les composantes de la société syrienne puissent aller de l’avant. »

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