Belgique : Des organisations juives réclament la nomination d’un coordinateur national contre l’antisémitisme
Elles estiment que le dispositif actuel ne permet pas de mener une politique 'cohérente, décisive et visible'
Des organisations représentant la communauté juive de Belgique ont appelé, mercredi 25 février, à la désignation d’un coordinateur national indépendant chargé de la lutte contre l’antisémitisme, estimant que le dispositif actuel ne permet pas de mener une politique « cohérente, décisive et visible ».
Le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) et son pendant néerlandophone, le Forum der joodse organisaties (FJO), ont dénoncé dans un communiqué une pression « exceptionnelle » pesant sur la communauté juive ces dernières années.
« Le nombre d’incidents antisémites a fortement augmenté, les écoles et institutions sont fortement sécurisées et le sentiment de sécurité des familles s’en trouve fondamentalement affecté », ont-ils déclaré, jugeant « inacceptable » que la Belgique ne dispose pas d’un coordinateur « visible, actif et indépendant ».
Actuellement, la coordination de la lutte contre l’antisémitisme relève d’une fonctionnaire en charge du service Égalité des chances au sein du Service public fédéral Justice, sous l’autorité du secrétaire d’État compétent. Elle préside le mécanisme interfédéral de coordination, dont les organisations juives critiquent le nombre limité de réunions, l’absence de budget propre, de compétences autonomes et de pouvoir décisionnel.
Le CCOJB et le FJO demandent la nomination d’un coordinateur doté d’une autorité, de ressources et de pouvoirs clairs, placé sous la tutelle du Premier ministre, à l’instar de dispositifs mis en place au niveau européen et aux Pays-Bas.
Cette revendication n’est pas nouvelle, mais jusqu’à présent, le gouvernement fédéral n’a pas procédé à une telle nomination. Des propositions de résolution parlementaire ont toutefois été déposées par le Mouvement Réformateur (MR) et par DéFI.
La question a récemment refait surface dans le débat public à la suite d’un incident diplomatique impliquant l’ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White, qui a accusé la Belgique d’antisémitisme. Le ministre des Affaires étrangères belge, Maxime Prévot, a réaffirmé mardi l’engagement du pays dans la lutte contre l’antisémitisme après avoir reçu le diplomate américain.
En déplacement à Berlin mercredi, M. Prévot a déclaré lors d’une conférence de presse que « la communauté juive a toujours enrichi notre continent » et qu’il était du devoir des autorités de garantir que « chaque citoyen juif puisse vivre sans peur ». Il s’est ensuite rendu au Mémorial de la Shoah de la ville, où il a signé le Livre d’or.