Ben Gvir accusé de récupération électorale après l’interdiction d’une fête en l’honneur d’un Arabe remis en liberté
La police a interrompu un rassemblement à Hura avec des gaz lacrymogènes, alimentant la rumeur de manœuvres politiciennes avant le scrutin de fin octobre
Samedi soir, la police a fait une descente lors d’une fête dans la ville bédouine de Hura, dans le Sud d’Israël.
La fête était donnée en l’honneur d’Adam Abu Shareb, un habitant récemment remis en liberté après avoir été emprisonné pour raisons sécuritaires pour jets de pierres sur un bus, début 2023, alors qu’il était mineur, a fait savoir sa famille, qui accuse le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, de « récupération électorale ».
Abu Shareb, 21 ans, a été libéré ce week-end, a confirmé la police au Times of Israel.
La police a fait savoir, par voie de communiqué, que les invités de la fête n’avaient pas obtempéré aux ordres des forces de l’ordre de se disperser, ce à quoi les policiers avaient réagi en utilisant des « moyens de dispersion » pour mettre fin au rassemblement.
Les policiers ont mis un terme à cette fête « pour empêcher la célébration et préserver l’ordre public » après avoir reçu des informations sur « l’intention d’organiser une fête en l’honneur d’un prisonnier de sécurité récemment libéré », explique la police.
Le président du conseil local de Hura, Habes al-Atawneh, invité à la fête, a déclaré au média bédouin Yom al-Badya que la communauté avait l’habitude d’organiser des fêtes pour les prisonniers qui ont fini de purger leur peine.
S’exprimant auprès de Yom al-Badya, Musa, un proche d’Abu Shareb a accusé la police d’avoir fait une descente lors de l’événement, manifestement « sur ordre venu de très haut ». La fête avait déjà été déplacée, de leur propre initiative, de l’enceinte d’une école voisine vers les habitations.
Selon Musa Abu Shareb, la police a tiré des cartouches de gaz lacrymogène sur la foule pendant une dizaine de minutes tandis qu’un drone survolait la zone en prenant des images.
« Il n’y avait aucune raison qu’ils nous arrosent de gaz lacrymogène… et prennent les photos que Ben Gvir a utilisées dans son tweet », a indiqué Musa Abu Shareb.
השולחנות באולם בחורה כבר היו ערוכים בכל טוב, האורחים היו בדרכם לחגיגה, וכולם התכוננו לחגוג לאסיר שהשתחרר.
רק שני פרטים קטנים הם שכחו:
״חתן השמחה״ הוא אסיר ביטחוני שיידה בעבר אבנים לעבר כלי רכב בכביש 31 – והשר לביטחון לאומי הוא איתמר בן גביר.
תוך זמן קצר מקבלת המידע, שוטרי תחנת… pic.twitter.com/NC8jRb8VGv
— איתמר בן גביר (@itamarbengvir) October 4, 2026
Le ministre a publié hier sur X la photo d’un policier masqué et d’un chien de brigade cynophile au beau milieu de tables et chaises abandonnées.
Les invités avaient oublié que « le ministre de la Sécurité intérieure est Itamar Ben Gvir », a-t-il écrit, en faisant de cette descente une démonstration de sa politique de « souveraineté ».
Ce n’est pas la première fois qu’à l’approche des élections du 27 octobre, le ministre s’attribue le mérite d’actions policières contre des fêtes célébrées par la communauté arabe.
En août dernier, déjà, Ben Gvir avait publié des images d’un marié et d’une mariée bédouins conduits au poste de police après que leur cortège de mariage a prétendument causé un embouteillage sur une autoroute du sud d’Israël.
Le mois dernier, des sources policières citées par le diffuseur public Kan ont évoqué l’existence d’une « très forte pression pour produire des images d’arrestations lors de mariages arabes — des images qui finissent ensuite sur les réseaux sociaux du ministre Ben Gvir. Une pression qui donne parfois lieu à des arrestations injustifiées. »