Ben Gvir accuse la procureure générale de « faire chanter » le chef de la police
Pressé de s’expliquer davantage, le ministre a déclaré : 'Tapez sur Google ‘violations de la réglementation en matière de construction par le commissaire en chef’'
Dimanche, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a affirmé cette fois que le chef de la police, Daniel Levy, s’était retourné contre le gouvernement parce que la procureure générale, Gali Baharav-Miara, le faisait chanter au sujet d’infractions présumées au code de l’urbanisme.
Le ministre n’a toutefois fourni aucune preuve à l’appui de ces allégations. La police n’a pas commenté ces propos.
Dans une interview accordée à la station de radio 103FM, Ben Gvir a accusé de hauts responsables de la police de collaborer avec Baharav-Miara pour mettre fin à l’enquête sur une ingérence étrangère présumée lors des élections à la Knesset du 27 octobre, au cours desquelles le gouvernement a perdu sa majorité parlementaire à la suite d’une participation électorale arabe sans précédent.
Il a déclaré que l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet soupçonnait le Qatar d’avoir acheminé 100 millions de shekels en Israël sous forme d’argent liquide et de bons d’essence afin d’encourager le vote en faveur des partis arabes. Il a également affirmé que des avocats avaient fait parvenir du « matériel » de la Liste arabe unie, à majorité arabe, dans les prisons, où le taux de participation a atteint 88,7 %.
Ben Gvir et ses alliés au sein du gouvernement se sont emparés de ces allégations pour affirmer que les élections avaient été « volées ». Des hauts responsables anonymes de la police et du Shin Bet ont été cités dans les médias israéliens. Ils accusent le chef de l’agence de sécurité intérieure, David Zini, d’avoir exagéré l’importance de l’affaire. Zini chercherait également à faire interroger trois hauts responsables politiques arabes sans disposer de preuves suffisantes.
Interrogé sur les informations selon lesquelles le commissaire adjoint Boaz Blatt, chef du département des enquêtes et du renseignement de la police, aurait refusé de partager des informations sur l’affaire avec le Shin Bet, Ben Gvir a qualifié Blatt de « tricheur et de menteur », ainsi que « d’émissaire de la procureure générale chargé de classer les affaires, de les étouffer et de les balayer sous le tapis ».
« Malheureusement, aujourd’hui, le chef de la police est lui aussi assez soumis au chantage et intimidé par la procureure générale », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’il avait été satisfait de Levy pendant les 18 mois suivant sa nomination, mais que le chef de la police avait « fait volte-face » au cours du dernier mois.
Pressé de préciser comment Baharav-Miara faisait chanter Levy, Ben Gvir a répondu : « Elle lui met la pression, elle lui crie dessus lors des réunions… Elle insiste sur tous les points possibles. »
Pressé de s’expliquer davantage, Ben Gvir a déclaré : « Tapez sur Google ‘violations de la réglementation en matière de construction par le commissaire en chef’. »
« Voyez qui était son maître d’œuvre », a-t-il ajouté. Il faisait référence à des informations parues l’année dernière selon lesquelles le commandant Aryeh Doron, porte-parole de la police, et le commissaire principal Nir Naggar, officier du commandement général chargé de la coordination des commissariats, auraient aidé Levy à choisir des entrepreneurs pour les travaux de rénovation de sa maison à Zichron Yaakov.
Ben Gvir a nié avoir eu connaissance des infractions présumées de Levy lors de l’examen du dossier du chef de la police.
Ces dernières semaines, le ministre a accusé Levy de développer une tendance à l’autonomie afin de s’attirer les faveurs d’un éventuel nouveau gouvernement, notamment en ordonnant, selon certaines allégations, des violences policières à l’encontre de manifestants haredim opposés à la conscription.