Ben Gvir dévoile un plan d’ « émigration volontaire » visant à déloger les Palestiniens de Gaza

Cette proposition a fait suite à la déclaration du ministre de la Défense, Israel Katz, qui a annoncé que les projets visant à faciliter l’émigration massive depuis Gaza restaient à l’étude

Itamar Ben Gvir, président du parti Otzma Yehudit et ministre de la Sécurité intérieure, participe à un rassemblement de ses partisans à l'approche des prochaines élections législatives, à Netanya, le 1er septembre 2026. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Itamar Ben Gvir, ministre d’extrême droite chargé de la Sécurité intérieure, a dévoilé un plan visant à chasser la grande majorité de la population palestinienne de Gaza par un processus qu’il a défini comme une « émigration volontaire », prévoyant notamment la création d’un ministère dédié, dans le cadre de la campagne électorale de son parti en vue du scrutin du 27 octobre.

Baptisé « Désengagement 710 » – en référence à la fois au désengagement israélien de Gaza en 2005 et à l’attaque sanglante commise par le Hamas, le 7 octobre 2023, que de nombreux membres de la droite israélienne ont en partie imputée à ce retrait – ce plan vise à faire partir 250 000 Gazaouis au cours de la première année, 1,11 million en trois ans et 1,86 million en sept ans.

« Aujourd’hui, ce n’est pas d’illusions de paix dont nous avons besoin, mais de mesures concrètes en faveur de l’émigration », a déclaré Ben Gvir. « Plus question de creuser des tunnels : il est temps de faire ses valises. »

La création et la direction d’un « ministère de l’Émigration » figureront ainsi au nombre des principales exigences d’Otzma Yehudit pour rejoindre le prochain gouvernement, a-t-il ajouté.

« Quel dommage qu’ils n’aient pas écouté Gandhi », a lancé Ben Gvir, en référence au ministre d’extrême droite assassiné Rehavam Zeevi, qui prônait le nettoyage ethnique et les transferts de population des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza. « Il faut l’admettre : Gandhi avait raison ! »

Aux émigrants, le parti promet un « dispositif d’accueil » incluant « une aide au voyage, au logement initial, à la formation professionnelle et à l’emploi, ainsi qu’un accompagnement pouvant aller jusqu’à 24 mois » ; des versements aux pays d’accueil sont également prévus, calculés en fonction du nombre de Gazaouis qu’ils accepteront. La Turquie, l’Éthiopie, le Congo et certains pays arabes non précisés sont envisagés comme destinations potentielles, a indiqué le parti.

D’après Otzma Yehudit, cette proposition nécessiterait un investissement initial de 10 milliards de shekels de la part d’Israël, suivi d’un financement complémentaire jusqu’à 50 milliards de shekels, en fonction de la participation internationale.

« Au début, j’ai été traité comme un extrémiste délirant », a-t-il raconté. « Puis, un jour, tout a basculé. Le président Trump a affirmé publiquement qu’encourager l’émigration pourrait résoudre la question de Gaza. Du jour au lendemain, le projet de Ben Gvir est devenu légitime. Du jour au lendemain, tout le monde s’est mis à parler comme Ben Gvir. »

Cette proposition a fait suite à la déclaration du ministre de la Défense, Israel Katz, qui a indiqué que les projets visant à faciliter l’émigration massive depuis Gaza restaient à l’étude, et qu’ils avaient simplement été « gelés » par Trump. En février 2025, ce dernier avait dans un premier temps proposé de reloger les quelque 2,3 millions d’habitants de Gaza, ce qui avait incité Israël à créer au sein du ministère de la Défense une direction chargée de faciliter ce que les responsables appelaient alors « l’émigration volontaire ». Le président américain avait par la suite abandonné ce projet, face à l’opposition internationale et à l’absence de pays de destination disposés à accueillir les réfugiés.

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