Bennett fustige le Premier ministre, le chef de Shas et le ministre de la Sécurité nationale
7-Octobre, Qatargate, service militaire… L’ancien Premier ministre estime que Benjamin Netanyahu n’a plus sa place au pouvoir
L’ancien Premier ministre et chef du parti Beyahad, Naftali Bennett, a réaffirmé lundi qu’il ne participerait pas à un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu. La veille, ses propos suggérant, selon lui sur le ton de la plaisanterie, que le Premier ministre pourrait occuper un poste de ministre dans son gouvernement avaient suscité de vives réactions.
« Netanyahu ne peut pas rester une minute de plus au sein du gouvernement israélien. Il porte la responsabilité des événements du 7-Octobre, et il doit partir », a déclaré Bennett lors d’une conférence organisée par Yedioth Ahronoth.
Bennett a également déclaré que Netanyahu portait la responsabilité des liens présumés de ses conseillers avec le Qatar, notamment ceux de son conseiller principal, Jonatan Urich, suspect clé dans l’affaire dite du « Qatargate ». Urich aurait reçu des paiements de Doha dès les jours qui ont suivi le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Bennett a affirmé qu’Urich avait été directement impliqué auprès du Qatar en temps de guerre, et que « les mêmes personnes qui ont financé les combattants de la Nukhba ont financé le groupe de conseillers entourant Netanyahu ».
« Bien sûr qu’il est responsable – de ne pas les avoir renvoyés », a déclaré Bennett à propos de Netanyahu.
« Comment les parents de soldats sont-ils censés avoir l’esprit tranquille alors que des personnes à la solde du Qatar font partie du cercle le plus proche du Premier ministre ? »
Bennett a qualifié ce comportement présumé de « plus grave trahison de l’Histoire d’Israël » et estime qu’Israël devrait désigner le Qatar comme État ennemi.
Bennett s’en est également pris au chef du parti Shas, Aryeh Deri, au sujet du financement accordé aux hommes ultra-orthodoxes qui ne font pas leur service militaire.
« Deri n’a aucune honte », a-t-il déclaré (en hébreu, littéralement : « n’a pas de Dieu »).
Il l’a accusé de chercher à transférer de l’argent « de ceux qui servent à ceux qui se soustraient au service ». Bennett s’est au contraire engagé à « prendre l’argent des réfractaires à la conscription et à le donner à ceux qui servent ».
Il a par ailleurs qualifié le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, de « clown » et de « ministre israélien du racket », affirmant que sous son mandat, « il y a eu plus de criminalité, plus d’extorsion, plus de peur et plus d’argent versé par les entreprises au titre du racket ».
« Il y a deux fois plus de meurtres, et l’extorsion a doublé », a-t-il ajouté.