Berlin décidera du soutien aux sanctions de l’UE contre Israël en octobre — Merz

'Il faut pouvoir critiquer le gouvernement israélien, mais jamais permettre que ces critiques servent à attiser la haine contre les Juifs', a déclaré le chancelier aux côtés de Pedro Sanchez

Le chancelier allemand Friedrich Merz (à gauche) participe à une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez au palais de la Moncloa à Madrid, le 18 septembre 2025. (Crédit : Thomas Coex/AFP)

L’Allemagne prendra sa décision de soutenir ou non les sanctions de l’Union européenne (UE) visant Israël avant la réunion de l’UE prévue en octobre à Copenhague, a annoncé jeudi le chancelier Friedrich Merz en visite à Madrid.

Prenant la parole aux côtés du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, Merz a indiqué que les agissements d’Israël contre le Hamas à Gaza ne correspondaient pas à ses objectifs déclarés, ajoutant toutefois que l’Allemagne ne partageait pas l’avis selon lequel ces actes constituaient un génocide, et que la reconnaissance d’un État palestinien n’était pas à l’ordre du jour pour son pays.

Mercredi, la Commission européenne a proposé de suspendre, en raison de la guerre à Gaza, un accord commercial impliquant quelque 5,8 milliards d’euros d’exportations israéliennes. Mais actuellement, cette mesure ne bénéficie pas d’un soutien parmi les pays de l’UE suffisant pour être adoptée.

« Le gouvernement allemand se prononcera dans les prochains jours sur ces questions, qui doivent désormais trouver une réponse au niveau européen », a fait savoir Merz.

« La semaine prochaine, ces questions seront à nouveau à l’ordre du jour du cabinet fédéral. Nous devrions parvenir à adopter une position lors de la réunion informelle du Conseil, le 1er octobre à Copenhague, une position que l’ensemble du gouvernement allemand soutiendra. »

Des manifestants pro-palestiniens et anti-israéliens défilent lors d’une manifestation à Barcelone, en Espagne, le 18 septembre 2025, afin de montrer leur solidarité avec le peuple de Gaza. (Crédit : AP Photo/Emilio Morenatti)

Merz a en outre reconnu que les points de vue de son gouvernement et de celui de Sanchez sur le conflit étaient « divergents », que leurs deux pays tiraient des « conclusions différentes » au sujet de la situation.

« Il faut pouvoir critiquer le gouvernement israélien, mais jamais nous ne devrons permettre que ces critiques servent à attiser la haine contre les Juifs », a-t-il ajouté, arguant que lui-même et le Premier ministre espagnol s’accordaient sur ce point.

Sanchez, dont le gouvernement est l’un des principaux critiques d’Israël en Europe, a fait part de son soutien total aux sanctions proposées par la Commission européenne à l’encontre d’Israël, mettant en garde contre le fait que l’offensive de l’État juif sur Gaza le laisserait « encore plus isolé ».

L’Allemagne soutient avoir une obligation particulière envers Israël en raison de sa responsabilité dans la Shoah, visant les Juifs d’Europe. Une position mise à rude épreuve par l’inquiétude croissante de l’Europe face à la guerre en cours à Gaza, déclenchée par l’invasion du sud d’Israël par le groupe terroriste du Hamas le 7 octobre 2023.

Jeudi, les chars israéliens ont progressé dans deux quartiers de Gaza-City considérés comme les portes du centre-ville. Les communications Internet et téléphoniques ont été coupées dans l’ensemble de l’enclave côtière, signe d’une nouvelle et imminente intensification des opérations terrestres.

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