Berlin décidera du soutien aux sanctions de l’UE contre Israël en octobre — Merz
'Il faut pouvoir critiquer le gouvernement israélien, mais jamais permettre que ces critiques servent à attiser la haine contre les Juifs', a déclaré le chancelier aux côtés de Pedro Sanchez
L’Allemagne prendra sa décision de soutenir ou non les sanctions de l’Union européenne (UE) visant Israël avant la réunion de l’UE prévue en octobre à Copenhague, a annoncé jeudi le chancelier Friedrich Merz en visite à Madrid.
Prenant la parole aux côtés du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, Merz a indiqué que les agissements d’Israël contre le Hamas à Gaza ne correspondaient pas à ses objectifs déclarés, ajoutant toutefois que l’Allemagne ne partageait pas l’avis selon lequel ces actes constituaient un génocide, et que la reconnaissance d’un État palestinien n’était pas à l’ordre du jour pour son pays.
Mercredi, la Commission européenne a proposé de suspendre, en raison de la guerre à Gaza, un accord commercial impliquant quelque 5,8 milliards d’euros d’exportations israéliennes. Mais actuellement, cette mesure ne bénéficie pas d’un soutien parmi les pays de l’UE suffisant pour être adoptée.
« Le gouvernement allemand se prononcera dans les prochains jours sur ces questions, qui doivent désormais trouver une réponse au niveau européen », a fait savoir Merz.
« La semaine prochaine, ces questions seront à nouveau à l’ordre du jour du cabinet fédéral. Nous devrions parvenir à adopter une position lors de la réunion informelle du Conseil, le 1er octobre à Copenhague, une position que l’ensemble du gouvernement allemand soutiendra. »
Merz a en outre reconnu que les points de vue de son gouvernement et de celui de Sanchez sur le conflit étaient « divergents », que leurs deux pays tiraient des « conclusions différentes » au sujet de la situation.
« Il faut pouvoir critiquer le gouvernement israélien, mais jamais nous ne devrons permettre que ces critiques servent à attiser la haine contre les Juifs », a-t-il ajouté, arguant que lui-même et le Premier ministre espagnol s’accordaient sur ce point.
Sanchez, dont le gouvernement est l’un des principaux critiques d’Israël en Europe, a fait part de son soutien total aux sanctions proposées par la Commission européenne à l’encontre d’Israël, mettant en garde contre le fait que l’offensive de l’État juif sur Gaza le laisserait « encore plus isolé ».
L’Allemagne soutient avoir une obligation particulière envers Israël en raison de sa responsabilité dans la Shoah, visant les Juifs d’Europe. Une position mise à rude épreuve par l’inquiétude croissante de l’Europe face à la guerre en cours à Gaza, déclenchée par l’invasion du sud d’Israël par le groupe terroriste du Hamas le 7 octobre 2023.
Jeudi, les chars israéliens ont progressé dans deux quartiers de Gaza-City considérés comme les portes du centre-ville. Les communications Internet et téléphoniques ont été coupées dans l’ensemble de l’enclave côtière, signe d’une nouvelle et imminente intensification des opérations terrestres.