Berlin : Des soupçons d’antisémitisme embarrassent la gauche radicale, gagnante des élections

Elif Eralp, figure de l'extrême-gauche, devrait devenir maire de Berlin, son parti Die Linke arrivant en tête du scrutin

Elif Eralp, tête de liste du parti Die Linke (Parti de gauche), célébrant sa victoire sur scène après l'annonce des résultats des sondages à la sortie des urnes lors des élections régionales de Berlin, au Festsaal Kreuzberg, le 20 septembre 2026. (Crédit : Jens Schlüeter/AFP)

La présence d’un militant anti-Israël controversé à une fête électorale et des soupçons d’antisémitisme embarrassent l’extrême-gauche radicale allemande, vainqueur des élections à Berlin et qui doit mener des négociations avec les écologistes et les sociaux-démocrates pour former une coalition municipale.

Photographié dimanche soir en compagnie du député Ferat Koçak lors de la soirée électorale de Neukölln, un quartier à forte population arabe, Ibrahim Ibrahim est lié au « Comité national palestinien unifié » qui, selon les autorités berlinoises, rassemble des partisans du Hamas et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), deux organisations classées terroristes par l’Union européenne (UE), Israël et les États-Unis.

Une autre personnalité controversée a participé à la soirée avant d’être reconnue et priée de quitter les lieux, selon les responsables du parti : Issa Remmo, membre du « clan » qui porte son nom, enraciné dans ce quartier.

Bande criminelle d’origine libanaise très active en Allemagne, le « clan Remmo » est notamment connu pour le casse des joyaux de la « Voûte verte » fin 2019.

« On doit savoir avec qui on fait la fête », a fustigé dans le journal Rheinische Post la tête de liste des sociaux-démocrates (SPD) Steffen Krach, jugeant « insupportable » la présence des deux hommes.

La coprésidente du SPD, Bärbel Bas, a regretté en conférence de presse une « dynamique antisémite » à l’œuvre dans une « grande partie » de Die Linke.

À Neukölln, qui avait vu des célébrations du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, Die Linke a déjà connu plusieurs polémiques du genre autour de sa section locale.

Mais le contexte est désormais différent après la victoire, dimanche, de leur tête de liste, Elif Eralp, à l’issue d’une campagne axée sur la crise du logement.

Lundi, les responsables du parti ont rejeté tout lien avec Ibrahim Ibrahim.

« J’ai fait hier des centaines de photos avec des gens », s’est justifié sur Instagram le député Ferat Koçak, affirmant se distancier de « toute déclaration de cette personne glorifiant la violence ou le terrorisme ».

« Nous n’avons pas de listes d’invités, mais dès qu’ils ont été repérés, les participants problématiques n’étaient plus les bienvenus », a déclaré lors d’une conférence de presse la coprésidente du parti Ines Schwerdtner, assurant qu’elle veillerait à l’avenir « à ce que de telles choses ne surviennent pas ».

« Je ferai tout pour que les personnes juives, tout comme les personnes musulmanes, les personnes queers, toutes les personnes de notre ville puissent se sentir en sécurité », a dit Elif Eralp.

Sa formation, issue de l’ancien parti unique de l’Allemagne de l’est communiste, a obtenu 25,7 % des voix dimanche, et doit désormais mener des négociations avec les écologistes (14,3 %) et les sociaux-démocrates (12,1 %) pour former une nouvelle majorité municipale de gauche.

Steffen Krach a dit attendre de la part de « tous les membres » du futur groupe parlementaire régional Die Linke « un engagement clair contre l’antisémitisme », mais aussi « des actes » de la part d’Elif Eralp.

Le chancelier Friedrich Merz s’est dit « inquiet » face à un « antisémitisme croissant, radical, ouvertement affiché » et qui « est même quasiment accueilli avec des applaudissements ».

Il a demandé au SPD et aux écologistes d’apporter une « réponse très claire, surtout ici à Berlin, au constat que la vie juive en Allemagne n’est plus sûre ».

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