Biden juge « honteux » l’arrêt du fact-checking par Meta

Les propos sont restés en travers de la gorge de Mark Zuckerberg, fondateur et patron du géant, qui a de son côté accusé les équipes de Joe Biden de censure

Le président américain Joe Biden s'exprimant lors d'une réception de Hanoukka, dans la salle Est de la Maison Blanche, à Washington, le 16 décembre 2024. (Crédit : Rod Lamkey, Jr./AP)

Joe Biden a jugé vendredi « honteux » l’arrêt des activités de fact-checking de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) aux Etats-Unis, tandis que le patron de la société, Mark Zuckerberg, a déploré la « brutalité » passée du président démocrate à son égard.

Le démocrate de 82 ans a jugé « vraiment honteuse » cette volte-face du géant de la tech. « La vérité compte », a déclaré le président américain lors d’un échange avec des journalistes à la Maison Blanche.

« C’est totalement contraire à tout ce qui constitue l’Amérique. Nous voulons dire la vérité », a encore insisté Joe Biden.

Un peu avant, sa porte-parole avait décliné tout commentaire.

La sortie du président américain rappelle que son administration a souvent adopté un ton sévère en ce qui concerne la responsabilité des réseaux sociaux dans la propagation des fausses informations et des discours de haine.

Le démocrate lui-même avait par exemple lâché en juillet 2021 que les plateformes telles que Facebook « tuaient des gens », en référence à la circulation d’informations mensongères sur les vaccins contre le Covid-19.

Les propos sont restés en travers de la gorge de Mark Zuckerberg, qui a de son côté à nouveau accusé les équipes de Joe Biden de censure, dans la dernière émission du podcast de Joe Rogan, publiée vendredi.

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, prend la parole à New York, le 25 octobre 2019. (Crédit : AP/Mark Lennihan)

« Brutal »

Il a raconté qu’au début de la pandémie, il faisait confiance à l’administration et aux autorités sanitaires, mais qu’il était ensuite devenu « difficile de suivre » quand le gouvernement démocrate mettait en place son programme de vaccination.

« Ils ont aussi essayé de censurer tous ceux qui s’y opposaient, et ils nous ont poussés à supprimer des choses qui étaient honnêtement vraies (…) et des vidéos humoristiques », a-t-il affirmé à l’animateur conservateur et ultra populaire.

« Des personnes du gouvernement de Biden appelaient nos équipes et leur criaient dessus », a raconté le fondateur de Facebook, qui multiplie les avances à Donald Trump depuis son élection.

Mark Zuckerberg a ajouté que les propos du président démocrate, affirmant que les réseaux sociaux « tuaient des gens », avaient représenté un tournant pour lui.

« Toutes ces différentes agences et branches du gouvernement ont commencé à enquêter, à s’en prendre à notre entreprise, c’était brutal, vraiment brutal », s’est-il plaint.

Certains gouvernements ou organisations internationales ont réagi avec inquiétude à la décision de Meta sur le fact-checking.

Réguler les contenus haineux en ligne « n’est pas de la censure », a affirmé vendredi le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk.

Le Brésil a sommé vendredi Meta d’expliquer sous 72 heures les conséquences dans le plus grand pays d’Amérique latine de son revirement sur le fact-checking, exigeant que soient protégés les « droits fondamentaux » des citoyens sur les plateformes.

L’AFP participe dans  plus de 26 langues à un programme de fact-checking développé par Facebook, qui rémunère plus de 80 médias à travers le monde, y compris au Brésil, pour utiliser leurs « fact-checks » sur sa plateforme, sur WhatsApp et sur Instagram.

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