Bild : Le tribunal statue que Braverman peut retourner au cabinet de Netanyahu

Rejetant la demande de la police, le chef de cabinet du Premier ministre peut reprendre son travail mais ne peut toujours pas contacter le suspect principal, Eli Feldstein

Le chef de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Tzahi Braverman, à la Knesset, à Jérusalem, le 13 mars 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90/ Archives)

Jeudi, le tribunal de première instance de Rishon LeZion a largement rejeté les demandes de la police visant à imposer des restrictions au chef de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Tzachi Braverman, au porte-parole Omer Mansour et à l’ancien porte-parole du chef de gouvernement, Jonatan Urich.

La décision entrera en vigueur dimanche, afin de laisser à la police le temps de faire appel.

Braverman et Mansour ont été interrogés dimanche au sujet des efforts que Braverman aurait déployés pour faire annuler une enquête sur la fuite de documents classifiés auprès du tabloïd allemand Bild, en 2024.

La fuite aurait été orchestrée par Urich et par deux autres anciens collaborateurs de Netanyahu, Eli Feldstein et Yisrael Einhorn – trois hommes qui sont également soupçonnés d’avoir reçu de l’argent du Qatar pour faire la promotion de cet État du Golfe, soutien du Hamas.

La police avait demandé qu’il soit interdit à Urich d’accéder au bureau du Premier ministre pendant 60 jours et que Braverman et Mansour soient, eux aussi, interdits d’accès au bureau pendant 15 jours. Elle a aussi indiqué qu’elle souhaitait que tous les trois soient interdits de contact les uns avec les autres, et qu’il leur soit interdit de communiquer avec d’autres suspects.

Le juge Menachem Mizrahi, qui s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur des collaborateurs du Premier ministre – il avait ensuite été contredit par une juridiction supérieure – a rejeté jeudi la demande d’interdiction d’accès au bureau du Premier ministre pour les trois individus, estimant qu’il n’y avait « aucune justification probante, substantielle, proportionnée et pratique » permettant à la police de soumettre cette requête.

Mizrachi a décidé qu’Urich aurait le droit de contacter n’importe qui, à l’exception de Feldstein et d’Einhorn et ce, pendant 60 jours. Le juge a également approuvé l’interdiction faite à Braverman de contacter Feldstein pendant 30 jours, et il a donné son feu vert à une caution de 5 000 shekels. Aucune condition restrictive n’a été imposée à Mansour, à l’exception d’une caution de 5 000 shekels.

Jonatan Urich lors d’une audience dans le cadre de l’enquête sur l’affaire du « Qatargate », au tribunal de Lod, le 6 janvier 2026. (Crédit : Jonathan Shaul/Flash90)

Braverman a été interrogé pendant plus de dix heures, dimanche, après que Feldstein a confié dans une interview, le mois dernier, que le chef de cabinet lui avait proposé de « mettre un terme » à l’enquête sur la fuite du Bild – fuite qui avait été orchestrée pour influencer l’opinion publique et la détourner de la perspective de la conclusion d’un accord avec le Hamas à Gaza sur la question des otages.

Selon Feldstein, Braverman avait tenu ces propos lors d’une réunion tardive, en pleine nuit, sur le parking du ministère de la Défense à Tel Aviv. Avant de discuter avec Feldstein, Braverman lui avait, semble-t-il, demandé de laisser son téléphone à Mansour.

Dans sa décision rendue jeudi, Mizrachi a déclaré que le témoignage de Feldstein était « sans fondement », qu’il contredisait les « preuves objectives » et qu’il ne pouvait servir de base pour établir que la réunion avait bien eu lieu.

Mizrachi a également déclaré que le fait que la police n’ait pas interrogé Netanyahu dans l’affaire Bild constituait un « grave manquement à l’enquête ». « La seule conclusion », a ajouté le juge, est que la police craint que le témoignage de Netanyahu ne vienne contredire celui de Feldstein.

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