Blanquer : 130 faits racistes dans les écoles dont environ 16 % sont antisémites
Le ministre a condamné ceux qui « sous couvert de théorie de décolonisation réactivent le concept de race » et défini l’antisionisme comme le « nouveau masque de l'antisémitisme »
Ce jeudi, le ministre de l’Education français Jean-Michel Blanquer s’est rendu dans le collège Les Prunais de Villiers-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, dans le cadre de la semaine de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, a rapporté Le Figaro.
A cette occasion, le ministre s’est vu remettre les travaux d’une cinquantaine d’élèves réalisés lors d’ateliers consacrés à la Shoah, aux génocides, à l’antisémitisme et au racisme.
En juin 2017, le ministère de l’Education avait annoncé le lancement d’une nouvelle plateforme permettant aux enseignants de signaler des cas d’atteinte à la laïcité, ainsi que des incidents racistes ou antisémites.
Ce jeudi, le ministre a pour la première fois révélé les chiffres de cette plateforme. Il a indiqué que 130 faits racistes et antisémites au sein d’établissements scolaires avaient été signalés au ministère au premier trimestre 2019.
Parmi ces 130 faits, environ 16 % « ont un caractère antisémite », a expliqué le ministère, faisant état de « propos généraux et parfois diffus, de graffitis et dégradations, et le ciblage de personnes ».
Ces actes sont commis par des élèves à 51 % et des parents à 35 %. Quatre académies sont particulièrement concernées : Créteil, avec 30 % des faits signalés, Lille avec 15 %, Versailles 8 % et Grenoble 7 %.
« Nous ne sommes plus dans une logique défensive sur un phénomène qui serait mal mesuré. Nous sommes dans une logique offensive », a affirmé le ministre.
Jean-Michel Blanquer a également évoqué les contenus racistes publiés sur Internet, ce « vecteur de haine ». Il a condamné ceux qui « sous couvert de théorie de décolonisation réactivent le concept de race » et défini l’antisionisme comme le « nouveau masque de l’antisémitisme ». « Si l’on va à l’école, c’est pour s’émanciper. Tout adulte se doit d’intervenir lorsqu’il voit un élève persécuté », a-t-il ajouté.
En décembre dernier, une nouvelle plate-forme similaire a été lancée conjointement avec la Dilcrah (délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT). Sur celle-ci, 54 cas ont été signalés. 16 ont été classés sans suite et une trentaine ont donné lieu à l’intervention d’une équipe académique dédiée.
Le mois dernier, le ministre français de l’Intérieur s’est ému de la hausse de 74 % des actes antisémites dans le pays en 2018, à l’issue d’un week-end où plusieurs inscriptions anti-juives avaient été découvertes à Paris et où un arbre en mémoire d’Ilan Halimi avait été coupé près de Paris.
541 actes ont ainsi été recensés en France en 2018 contre 311 en 2017.
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