Reportage

Boy George conquiert Tel Aviv avec ses tubes des années 1980 et un hommage à Nova

De retour en Israël pour la première fois depuis 2017, le chanteur de Culture Club séduit quelque 10 000 spectateurs et fait chanter la foule sur We Will Dance Again

La star de la pop britannique Boy George se produit lors de son concert à la Menora Mivtachim Arena de Tel Aviv, le 4 novembre 2026. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Mercredi soir, Boy George a apporté de l’amitié, des paillettes et ses tubes des années 1980 lors du premier de ses deux concerts à Tel Aviv.

« Shalom ! Je suis très heureux d’être ici ce soir », a déclaré George en montant sur scène en Israël pour la première fois depuis 2017.

Une foule de quelque 10 000 personnes remplissait la Menora Mivtachim Arena de Tel Aviv. Le public comptait des fans de tous âges, mais était majoritairement composé de personnes assez âgées pour se souvenir de l’apogée de George au début des années 1980, lorsqu’il était le chanteur du groupe new wave anglais Culture Club.

Pendant un peu plus de deux heures, George et son groupe composé de cinq musiciens ont interprété un mélange d’anciens tubes de Culture Club, ainsi que des reprises de Prince, David Bowie et des Rolling Stones.

Il a bien sûr également interprété sa dernière chanson, We Will Dance Again, dédiée aux survivants du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas lors du festival de musique Nova, le 7 octobre 2023.

Le chanteur israélien Ivri Lider a rejoint George sur scène pour interpréter Do You Really Want to Hurt Me, un tube de Culture Club sorti en 1982 sur son premier album, Kissing to Be Clever.

Au cours du spectacle, George est revenu sur l’organisation de ce concert à la dernière minute, affirmant que les informations relayées par les médias selon lesquelles il aurait eu du mal à trouver des musiciens disposés à se produire avec lui en Israël étaient mensongères.

La star de la pop britannique Boy George se produit aux côtés du chanteur israélien Ivri Lider lors de son concert à la Menora Mivtachim Arena de Tel Aviv, le 4 novembre 2026. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Il n’y a eu aucune difficulté à trouver des musiciens », a déclaré George. « Je suis venu ici à de nombreuses reprises ; je ne suis pas une poule mouillée. »

George, qui a fait l’objet de nombreuses critiques et de boycotts en raison de son soutien affiché à Israël depuis le début de la guerre contre le Hamas à Gaza, a été invité en Israël en tant qu’artiste solo par le promoteur de concerts Live Nation.

Il se produit toujours régulièrement en Angleterre et en Europe avec deux des membres fondateurs de Culture Club, Roy Hay et Mikey Craig. Le percussionniste Jon Moss a quant à lui quitté le groupe il y a cinq ans.

George avait déjà expliqué avoir été confronté à des menaces, à l’isolement professionnel et à des accusations de fascisme en raison de son soutien à Israël.

Au cours de sa visite en Israël cette semaine, qui comprenait une rencontre avec le président Isaac Herzog, une halte au mur Occidental, une visite au mémorial du festival Nova dans le Neguev, ainsi qu’une rencontre avec Rachel Edri, l’Israélienne qui avait survécu à une prise d’otages par cinq terroristes du Hamas dans sa propre maison le 7 octobre 2023, il a mentionné à plusieurs reprises ses nombreux amis juifs ainsi que son opposition au racisme et aux critiques sociales.

« Nous, les minorités, devons rester solidaires », a-t-il déclaré.

Tout au long du spectacle, George a évoqué les difficultés d’avoir grandi homosexuel dans l’Angleterre des années 1970.

« J’ai survécu aux années 1970 sans être célèbre, ce qui est un putain de triomphe », a-t-il déclaré.

George, né George Alan O’Dowd, s’est fait connaître au début des années 1980 en tant que chanteur principal de Culture Club.

Mikey Craig, bassiste de Culture Club, et Boy George, chanteur du groupe, interprètent leurs tubes des années 1980 à Tel Aviv, le 7 novembre 2017. (Crédit : Autorisation)

Le deuxième album de Culture Club, Colour by Numbers, sorti en 1983, a donné naissance à plusieurs tubes, dont Church of the Poison Mind et Karma Chameleon. D’autres succès du groupe, comme Do You Really Want to Hurt Me, Time et War Song, ont également marqué les années 1980.

Le public de Tel Aviv a attendu patiemment pendant les nouvelles chansons moins connues de George et ses reprises, se levant et applaudissant à tout rompre dès qu’il reconnaissait une mélodie ou des paroles.

Il y a eu aussi des moments gênants, comme lorsque George a présenté War Song et demandé aux spectateurs de lever la main s’ils connaissaient quelqu’un qui était parti à la guerre, ce qui a été accueilli par un bref silence.

Il était clair qu’il cherchait à se rapprocher du public israélien, faisant remarquer, avant d’interpréter Church of the Poison Mind, que « cela semblait étrange de chanter cette chanson en Israël ».

Ce n’est qu’à la fin de la soirée que George a interprété son hommage aux victimes et aux survivants de Nova, We Will Dance Again, tandis que des étoiles de David bleues et des silhouettes d’hommes hassidiques en train de danser apparaissaient sur l’écran géant.

La pop star britannique Boy George se produit lors de son concert à la Menora Mivtachim Arena de Tel Aviv, le 4 novembre 2026. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Lorsqu’il a chanté « Si jamais tu en doutes, je suis aux côtés des Juifs. Je ne me sens pas courageux, j’ai juste besoin de me comporter comme un être humain », la foule a explosé de joie, reconnaissante envers George d’être venu se produire en Israël à une époque où les artistes étrangers se font rares.

George se produira à nouveau samedi soir dans la même salle. Son deuxième spectacle sera dédié aux survivants de Nova, et le philanthrope Sylvan Adams a offert 1 500 billets aux membres de cette communauté.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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