Budget 2025 : 120 M de shekels pour les étrangers inscrits dans des yeshivot en Israël – média
Quelque 15 000 étudiants devraient bénéficier d’aides diverses, notamment des allègements fiscaux, des subventions pour la garde d’enfants et d’autres avantages sociaux
Le gouvernement israélien prévoit de consacrer 120 millions de shekels au financement d’étudiants étrangers inscrits dans des yeshivot, soit le double des 60 millions de shekels accordés via les fonds de la coalition dans le budget 2025, selon un rapport relayé par la chaîne N12.
D’après les données fournies par Israel Hofsheet, un groupe militant pour la liberté religieuse, 15 000 étudiants devraient bénéficier de ce soutien élargi, dont environ 4 500 inscrits dans des kollelim, des institutions à plein temps destinées aux hommes mariés.
Ces étudiants pourront également bénéficier de réductions sur les taxes foncières, de subventions pour les crèches et d’autres avantages, note la chaîne. Elle précise Elle précise qu’alors que les étudiants étrangers en général reçoivent des visas temporaires qui leur interdisent de travailler, les étudiants de yeshivot ne sont pas soumis à ces restrictions.
Interrogé à ce sujet, le ministère de l’Éducation a déclaré à N12 que les dépenses concernant ces étudiants étrangers s’élevaient à 65 millions de shekels, destinés à « renforcer les liens avec les Juifs de la diaspora et encourager l’immigration en Israël ».
« Avec tout le respect que je vous dois, Israël a des besoins urgents, et faire venir 15 000 étudiants dans les yeshivot n’en fait tout simplement pas partie. Plus de 100 millions de shekels seraient mieux investis pour les réservistes israéliens et leurs familles », a déclaré Uri Keidar, directeur exécutif d’Israel Hofsheet, au Times of Israel dans un message WhatsApp.
Le projet de loi de finances, adopté fin mars, a été qualifié par ses détracteurs de « budget d’évasion ». Le député Vladimir Beliak (Yesh Atid) a ainsi récemment déclaré que l’allocation de 1,27 milliard de shekels aux yeshivot représentait « une incitation explicite à ne pas travailler ».
En réponse, les politiciens haredi ont rétorqué que leur communauté contribuait de manière significative à la société israélienne accusant leurs détracteurs de « délégitimation » et d’incitation à la haine.
Le budget comprenait également 75 millions de shekels pour les séminaires féminins, 28 millions de shekels pour des programmes de prévention du décrochage chez les Haredim, et 8 millions de shekels pour les « organismes de coordination et de liaison », c’est-à-dire à des groupes chargés de gérer les procédures d’exemption du service militaire.
Mardi, le Vaad HaYeshivot (la commission des yeshivot), une organisation ultra-orthodoxe affiliée à d’éminents dirigeants rabbiniques, a lancé un appel aux juifs haredim de nationalité israélienne vivant à l’étranger, leur conseillant de prendre des mesures pour éviter d’être incorporés à Tsahal lorsqu’ils viendront étudier en Israël.
Dans un message rédigé en anglais, le groupe a averti que les étudiants de yeshivot ne bénéficient plus automatiquement d’une exemption légale de conscription. Pour éviter tout problème, il est recommandé qu’ils changent leur statut auprès du consulat israélien local en « enfants d’émigrés ».
Ce statut leur permet d’étudier jusqu’à quatre ans dans une yeshiva en Israël tout en conservant une exemption du service militaire obligatoire.
Enfin, en avril 2024, une ordonnance provisoire de la Haute Cour de justice a interdit au gouvernement de financer les yeshivot ultra-orthodoxes pour les étudiants éligibles à l’enrôlement dans Tsahal, mettant fin aux subventions pour des dizaines de milliers d’étudiants à plein temps. (Depuis, des rabbins israéliens ont levé près de 100 millions de dollars aux États-Unis pour combler ce manque.)