CAIR Connecticut demande aux écoles de Greenwich de rompre avec un camp juif lié à Israël
Le rabbin Rick Jacobs défend les liens du camp URJ Eisner avec Israël, contestés par des parents notamment en raison d’une brochure sur un programme militaire pour jeunes en Israël
GREAT BARRINGTON, Massachusetts – JTA — Les écoles publiques de Greenwich, dans le Connecticut, ont déclaré qu’elles maintiendraient le séjour d’automne organisé pour les élèves de sixième dans un camp juif du Massachusetts, comme prévu, malgré les pressions exercées par une organisation de défense des musulmans concernant les symboles israéliens présents dans le camp et les activités liées à Israël.
CAIR Connecticut, la section locale du Council on American-Islamic Relations, s’est opposée à ce voyage, affirmant que le programme du camp Eisner à Great Barrington « comporte des liens avec Israël », comme l’a écrit Farhan Memon, président du conseil d’administration de la section, dans une lettre adressée le 13 octobre à Toni Jones, directrice des écoles de Greenwich.
Cette sortie scolaire de quatre jours, organisée par les écoles de Greenwich, a été mise en place dans le cadre du projet « Outdoor Classroom » (« Classe en extérieur »), qui collabore avec sept sites en Nouvelle-Angleterre, dont l’Eisner Camp. Quatre de ces camps sont affiliés à des organisations chrétiennes et deux n’ont aucune affiliation religieuse. En collaboration avec ses clients, « Outdoor Classroom » coordonne des programmes pédagogiques axés sur la nature destinés aux enfants.
Memon a indiqué que certains parents de Greenwich avaient visionné une vidéo et des photos d’événements scolaires antérieurs organisés à Eisner et avaient « identifié des drapeaux d’Israël et des rubans jaunes bien en évidence dans les espaces utilisés lors des visites scolaires ».
« À tout le moins, les espaces utilisés par les élèves de Greenwich lors de tout voyage scolaire devraient être exempts de symboles nationaux et politiques », a écrit Memon.
Le directeur d’Eisner, Paul Isserles, a déclaré dans un communiqué transmis à la Jewish Telegraphic Agency : « Nous invitons Outdoor Classroom à utiliser nos installations de camp. Tout au long de l’année, de nombreuses organisations extérieures louent nos installations pour divers programmes. Le camp URJ Eisner est fier d’arborer le drapeau d’Israël dans le cadre de ses programmes. »
Removing Israeli flags doesn’t resolve the issue for @GPSDistrict . Public school trips should be held at neutral venues, not sites linked to Israeli military programs. https://t.co/cQir6ozHbW
— CAIR-CT (@CAIRConnecticut) October 17, 2026
Concernant les groupes en visite, le rabbin Rick Jacobs, président de l’Union pour le judaïsme réformé (URJ), a indiqué lors d’un entretien téléphonique avec la JTA : « Franchement, nous ne sommes pas souvent invités à prendre des mesures pour retirer ces symboles ou les dissimuler.
« Car, pour être honnête, nous ne le ferions pas. »
En réponse à la lettre de Memon datée du 14 octobre, Jones a écrit dans un courriel que son district scolaire « reconnaît que les individus et les familles ont des points de vue très divergents concernant les événements mondiaux » et qu’il entend « offrir un environnement éducatif inclusif et sûr à tous les élèves des écoles publiques de Greenwich, y compris lorsqu’ils participent à des sorties scolaires sous notre responsabilité ».
Elle a également déclaré : « Nous avons clairement indiqué à certaines familles que nous ne prendrions pas position sur le plan politique ou religieux. »
La JTA a pu consulter à la fois la lettre du CAIR et la réponse par courriel.
Le CAIR Connecticut n’a pas répondu à la demande de la JTA.
Le site web national du CAIR indique que l’organisation promeut le dialogue interconfessionnel et « condamne tous les actes de violence contre des civils, qu’ils soient le fait d’un individu, d’un groupe ou d’un État ».
Le mouvement réformé a fondé ce camp de 243 hectares en 1958, l’appelant alors « Joseph Eisner Camp Institute for Living Judaism ». Il est situé dans les collines des Berkshires, au sud du centre-ville de Great Barrington.
Il s’agit de l’un des camps avec hébergement que le mouvement possède en Amérique du Nord. Bon nombre de ces camps sont loués tout au long de l’année par des groupes qui n’ont aucun lien avec le judaïsme, a déclaré le rabbin Jacobs de l’URJ. « Si un groupe loue le camp, il établit son propre programme », a-t-il précisé.
« Il y a des drapeaux et d’autres symboles du judaïsme et d’Israël dans nos camps, et nous en sommes fiers », a-t-il ajouté.
Certains parents avaient déjà fait part de leurs inquiétudes concernant ce lieu dès le mois de mars. Dans une lettre datée du 14 octobre, le CAIR a exhorté le district à cesser d’utiliser ce camp.
Retirer les décorations du camp ne suffirait pas, a-t-il déclaré, soulignant que les parents étaient indignés après avoir vu des supports promotionnels indiquant qu’Eisner emmenait des campeurs juifs visiter des bases de l’armée israélienne dans le cadre du Gadna, un programme militaire israélien destiné aux jeunes.
Un article publié en juillet 2019 sur le site web du camp Eisner indique qu’un groupe de participants à son voyage en Israël a choisi de suivre le programme Gadna. Ils ont séjourné dans une base militaire, ont participé à des exercices militaires et ont appris à tirer sur une cible.
« Les participants du camp URJ Eisner qui se rendent en Israël n’ont plus participé au programme Gadna depuis 2023 », a déclaré le directeur du camp, Isserles, dans un communiqué transmis à la JTA.
« Notre programme israélien, tant au camp qu’en Israël, est axé sur l’identité juive, la communauté, l’éducation et le lien avec Israël. »
Ce que le CAIR affirme, c’est « qu’une institution juive peut ne pas convenir aux enfants des écoles publiques parce qu’elle est visiblement juive et s’identifie ouvertement à Israël », a écrit le rabbin Jeff Salkin, blogueur et ancien participant à l’Eisner Camp, dans sa chronique « Unfiltered » publiée sur Substack le 19 octobre.
« Une institution juive ne devrait pas avoir à cacher son identité juive pour être considérée comme un lieu adapté aux enfants d’autres personnes. On ne demanderait pas à un camp organisé par une église de retirer une croix, ni à un camp musulman d’enlever un croissant. Une norme qui exige une telle dissimulation fait de l’identité juive elle-même le problème », a ajouté Salkin.