Cancer du sein en Israël : le taux de survie dépasse désormais les 85 %
Portée par le dépistage précoce et des unités mobiles, la prise en charge de la maladie affiche des résultats encourageants, affirme le ministère de la Santé
En Israël, le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes. Il compte pour près d’un tiers des nouvelles tumeurs malignes féminines.
Toutefois, les derniers chiffres du Registre national du cancer du ministère de la Santé publiés à l’occasion du mois de sensibilisation à la maladie font état de progrès notables en matière de dépistage et de survie, comme le rapporte l’agence The Press Service of Israel.
Sur les 5 565 nouveaux cas recensés en 2023, 87 % (soit 4 858 cas) étaient des formes invasives et 707 des formes localisées.
Malgré une incidence élevée, le risque de développer un cancer invasif chez les femmes juives a reculé en moyenne de 1,6 % par an depuis 2013, tandis que les taux restent stables au sein de la population arabe depuis 2015.
Selon Lily Biller-Lev, directrice-adjointe de l’Association israélienne contre le cancer interrogée par TPS-IL, ces résultats s’expliquent par une sensibilisation accrue et une détection de plus en plus précoce.
Le taux de survie relative à cinq ans atteint désormais 92 % chez les femmes juives et 87 % chez les femmes arabes, soit une nette réduction de la mortalité sur le long terme.
Dans les colonnes de TPS-IL, Lily Biller-Lev, directrice adjointe de l’Association israélienne contre le cancer, explique cet écart entre incidence et mortalité : « L’incidence du cancer du sein est en effet élevée, mais la mortalité est relativement faible en raison d’un niveau de sensibilisation très important, en particulier concernant la détection précoce et le dépistage. »
Elle précise également : « Les femmes sont encouragées à être vigilantes quant aux risques dès l’âge de 25 ans, et des tests génétiques pour les mutations BRCA sont aussi disponibles. Un travail très sérieux est fait en la matière »
Des dispositifs mobiles pour réduire les inégalités d’accès aux soins
Afin d’atteindre l’ensemble de la population, l’Association contre le cancer, le ministère de la Santé et les organismes d’assurance maladie ont déployé des unités mobiles de mammographie partout en Israël.
« Ces unités mobiles sillonnent le pays, ce qui rend le dépistage accessible à des populations qui auraient autrement des difficultés à y accéder, notamment les femmes arabes, les femmes religieuses et les résidentes de localités isolées », explique Lily Biller-Lev à TPS-IL.
Cette stratégie de proximité porte ses fruits, selon la responsable : « Faire évoluer les mentalités prend du temps. Il faut répéter le message avec constance jusqu’à ce que les femmes comprennent l’importance de se faire tester. Aujourd’hui, la participation au dépistage est très élevée. Les écarts entre femmes juives et arabes se sont réduits, tout comme ceux qui touchaient les femmes ultra-orthodoxes. »
S’appuyant sur l’expérience de sa mère, réticente au départ car elle ne présentait aucun symptôme, Lily Biller-Lev rappelle l’enjeu crucial de la prévention : « Il faut sans cesse répéter le message et souligner l’importance du dépistage. La détection précoce sauve des vies. Aujourd’hui, un diagnostic de cancer ne signifie plus nécessairement que la personne va mourir. De très nombreux médicaments et traitements sont désormais disponibles, mais avant tout, la détection précoce reste essentielle. »
En complément des mammographies et échographies, la généralisation des tests génétiques pour la recherche de mutations (notamment du gène BRCA) et l’incitation au dépistage dès l’âge de 25 ans contribuent à diagnostiquer les tumeurs à des stades plus précoces.
Fin 2023, plus de 25 000 femmes diagnostiquées dans les cinq années précédentes vivaient avec la maladie ou en étaient guéries, ce qui confirme l’impact positif des campagnes d’information et des avancées thérapeutiques.